Corée du Nord : Kim Jong-un présente ses excuses après la mort d’un Sud-Coréen, abattu par l’armée

DRAME Un Sud-Coréen se trouvant dans les eaux territoriales nord-coréennes a été abattu

20 Minutes avec AFP

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Kim Jong-un sur une image diffusée par l'agence officielle nord-coréenne le 24 mai 2020.
Kim Jong-un sur une image diffusée par l'agence officielle nord-coréenne le 24 mai 2020. — AFP

Une « affaire honteuse », selon le propre dirigeant nord-coréenKim Jong-un a présenté ses excuses, ce vendredi, pour le meurtre d’un Sud-Coréen dans ses eaux territoriales, a déclaré le bureau de la présidence à Séoul, selon l’agence de presse Yonhap.

Ce fonctionnaire, qui travaillait pour le secteur de la pêche, a été abattu mardi par des soldats nord-coréens et son corps, resté dans l’eau, a été brûlé a priori par crainte d’une contamination au coronavirus.

Une dizaine de coups de feu tirés

Ce meurtre d’un citoyen sud-coréen, le premier perpétré par l’armée nord-coréenne depuis dix ans, a suscité l’indignation du Sud. Evoquant un « événement d’inattendu et honteux », Kim Jong-un s’est excusé pour « avoir déçu le président Moon Jae-in et les Sud-Coréens », a rapporté Yonhap citant la présidence sud-coréenne. La Corée du Nord, et tout particulièrement Kim Jong-un, ne présente que très rarement leurs excuses.

Ces dernières interviennent alors que les relations intercoréennes sont au point mort, tout comme les négociations entre Pyongyang et Washington. Suh Hoon, conseiller à la sécurité nationale de la Corée du Sud, a lu une lettre en provenance du service du parti au pouvoir au Nord en charge des relations avec son voisin du Sud. Dans cette missive, Pyongyang reconnaît avoir tiré une dizaine de coups de feu sur l’homme « entré illégalement dans nos eaux » et qui a refusé de décliner correctement son identité. Les gardes-frontières lui ont alors tiré dessus conformément aux instructions permanentes, selon ce courrier.

Tuer sur « ordre d’une autorité supérieure »

Son corps n’était plus visible après les tirs et les troupes ont mis le feu à son dispositif de flottaison – qui était couvert de sang – conformément à la réglementation en vigueur alors que le pays est en alerte maximum par rapport au Covid-19. Jeudi, l’armée sud-coréenne avait affirmé qu’il avait subi plusieurs heures d’interrogatoire alors qu’il était dans l’eau.

Au cours de ce dernier, il aurait exprimé son envie de faire défection mais il a été tué sur « ordre d’une autorité supérieure ». Ce fonctionnaire avait disparu alors qu’il se trouvait lundi à bord d’un patrouilleur naviguant à proximité de l’île sud-coréenne de Yeonpyeong, située à un kilomètre et demi de la frontière maritime avec le Nord. Il portait un gilet de sauvetage et ses chaussures ont été retrouvées sur le bateau sud-coréen à bord duquel il naviguait, ce qui laisse à penser qu’il est allé à l’eau de son plein gré.