Biélorussie : L’UE refuse de reconnaître Loukachenko comme président malgré sa prestation de serment

REPRESSION L’UE a préparé des sanctions contre une quarantaine de personnes et envisage de sanctionner Alexandre Loukachenko

20 Minutes avec AFP

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Le président biélorusse Alexandre Loukachenko lors de sa prestation de serment, le 23 septembre 2020.
Le président biélorusse Alexandre Loukachenko lors de sa prestation de serment, le 23 septembre 2020. — Maxim Guchek/AP/SIPA

L’Union européenne refuse de reconnaître Alexandre Loukachenko comme président de la Biélorussie malgré sa prestation de serment inattendue, pointant son « manque de toute légitimité démocratique », et « réexamine ses relations » avec Minsk, a indiqué ce jeudi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

L’élection du 9 août « n’était ni libre ni équitable. L’UE ne reconnaît pas les résultats falsifiés. En conséquence, la soi-disant « prestation de serment » du 23 septembre et le nouveau mandat dont se réclame Alexandre Loukachenko n’ont aucune légitimité démocratique », a affirmé Josep Borrell dans un communiqué.

Une cérémonie secrète

Alexandre Loukachenko, dont la réélection est vivement contestée par des manifestations massives, a prêté serment mercredi de manière inattendue lors d’une cérémonie qui n’a été rendue publique qu’après-coup. L’annonce a immédiatement provoqué une nouvelle manifestation de l’opposition à Minsk, réprimée par des dizaines d’interpellations.

« Cette " prestation de serment " contredit directement la volonté de larges pans de la population biélorusse, exprimée dans de nombreuses manifestations, pacifiques et sans précédent (…) et elle ne fera qu’aggraver la crise politique » dans le pays, a souligné Josep Borrell. « Au vu de la situation actuelle, l’UE réexamine ses relations avec la Biélorussie », a-t-il ajouté sans autres précisions. L’UE a préparé des sanctions contre une quarantaine de personnes jugées responsables de la répression et envisage également de sanctionner Alexandre Loukachenko, a-t-on, appris de sources diplomatiques.

Sanction ou médiation ?

Mais l’unanimité des Etats membres est requise, et Chypre conditionne son accord à l’adoption de mesures pour contraindre la Turquie à cesser ses forages gaziers dans les eaux de sa zone économique. Deux Etats, la Suède et la Finlande, refusent de sanctionner Alexandre Loukachenko pour permettre une médiation de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui sera présidée par la Suède, a-t-on ajouté de mêmes sources.

La question sera discutée lors du sommet des dirigeants européens les 1er et 2 octobre à Bruxelles. « Nous réitérons que nous attendons des autorités biélorusses qu’elles s’abstiennent de toute répression et violences supplémentaires contre le peuple de la Biélorussie et qu’elles libèrent immédiatement et sans conditions tous ceux qui ont été arrêtés » dans le cadre des manifestations, a indiqué Josep Borrell ce jeudi, appelant à « de nouvelles élections démocratiques » dans le pays.