Israël tire sur le Liban pour riposter à des tirs de roquette

PROCHE ORIENT Des roquettes sont tombées ce matin sur le nord d'Israël. Le Hezbollah nie toute implications dans ces frappes...

M.Gr. (avec agence)

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Israël a approuvé mercredi une extension de son offensive contre le Hamas dans la bande de Gaza tout en envoyant des émissaires en Egypte discuter de propositions de trêve qui ont permis une pause dans les bombardements dans la journée.
Israël a approuvé mercredi une extension de son offensive contre le Hamas dans la bande de Gaza tout en envoyant des émissaires en Egypte discuter de propositions de trêve qui ont permis une pause dans les bombardements dans la journée. — Said Khatib AFP

Ces roquettes-là ne viennent pas de Gaza. Et c'est ce qui fait craindre ce matin une extension du conflit. Au moins trois Katioucha se sont abattus dans le district nord d'Israël, près de la ville de Nahariya tôt ce matin. Elles ont été tirées depuis le sud du Liban et ont fait deux blessés, selon un premier bilan.

L'armée israélienne a décidé de riposter par plusieurs tirs d'artillerie en direction du Liban, selon un porte-parole militaire. C'est la première fois depuis la guerre de 2006 que des roquettes sont tirées depuis le sud du Liban sur Israël.

La Finul, Force des Nations unies au Liban, a été placée jeudi à 10h en «état d'alerte renforcé», alors que ces tirs de roquettes effectués depuis sa zone. «Des troupes supplémentaires ont été déployées sur le terrain et les patrouilles ont été renforcées dans la zone d'opération pour empêcher de nouveaux incidents», affirme Yasmina Bouziane, la porte-parole de la force onusienne.

>>>>>> Retrouvez notre article sur les casques bleus français de la Finul, basés au sud-Liban, qui étaient sur le qui-vive ces derniers jours... L'armée libanaise, en état d'alerte, avait aussi multiplié les patrouilles près de la frontière pour éviter de tels tirs.

Le Hezbollah comme le Hamas réfutent toute responsabilité

Après ces échanges de tirs tôt ce matin, et alors qu'on ne sait toujours pas qui a tiré ces roquettes, les différents acteurs de la région jouent l'apaisement. Des responsables militaires israéliens ont évoqué dans des médias locaux l'acte isolé d'un groupe d'extrêmistes palestiniens, écartant la piste du Hezbollah. La milice chiite a ensuite fait clairement savoir au gouvernement libanais, où il compte un ministre, qu'il n'était pas impliqué dans les tirs

«Le Hezbollah nous a assuré qu'il restait engagé à préserver la stabilité et au respect de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et cela veut dire qu'il n'est pas impliqué», a insisté le ministre de l'information Tarek Mitri. Cette résolution avait abouti le 14 août 2006 à la cessation des hostilités, mais pas à un cessez-le-feu permanent, entre le Hezbollah et Israël. De son côté, le Hamas, par l'intermédiaire de son porte-parole du Hamas au Liban, Rafat Mora, a déclaré qu'il n'était pas responsable.

Israël s'efforce de ne pas dramatiser la situation. Alors qu'à dix heures, certains médias ont évoqué de nouveaux tirs de roquettes sur la frontière nord d'Israël, des responsables militaires ont tenu à préciser moins d'un quart d'heure après qu'il s'agissait d'une fausse alerte. Les sirènes d'urgence de Nahariya se sont déclenchés avec le passage du mur du son de certains avions de chasse israéliens. «On est vigilant, a expliqué le ministre de la Défense Ehud Barak. On adaptera notre réaction aux futurs développements de la situation».

Reste que la possibilité d'un second front est étudié depuis plusieurs jours par Tsahal. La plupart des réservistes mobilisés en masse la semaine dernière s'entraînent dans les camps d'entraînement du Nord d'Israël et sont prêts à intervenir en cas d'escalade du conflit. «Des éléments palestiniens veulent entraîner le Liban dans une escalade», affirme l'armée. Qui met la pression sur Beyrouth: «Nous considérons qu'il incombe au gouvernement et l'armée libanais d'empêcher ces tirs», ajoute-t-il.

Obervateur prudent, le ministre de la Défense Hervé Morin juge que les tirs de Katioucha sont «un acte de provocation isolé» et que le risque d'embrasement de la frontière demeure «faible»: «Nous notons avec satisfaction le communiqué du Hezbollah, qui a fait preuve de retenue».

A regarder, cette riposte israélienne (un reportage de Russia Today):


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