Etats-Unis : Une start-up recrute des personnes pour expulser des locataires de leur logement

SOCIETE L’entreprise, accusée de profiter de la misère des locataires pour gagner de l’argent, assure qu’elle propose de vider et nettoyer les habitations inoccupées

20 Minutes avec agence

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Un drapeau américain à New York.
Un drapeau américain à New York. — Angela Weiss / AFP

La start-up américaine Civvl a récemment mis en ligne des petites annonces destinées à recruter, à travers le pays, des personnes chargées d’ expulser les occupants d’un logement ne pouvant plus payer leur loyer. Les travailleurs indépendants intéressés exerceront à la mission, en équipe avec d’autres. L’entreprise qualifie l’activité d'« emploi payant connaissant le plus grand essor à cause du Covid-19 », rapporte Business Insider.

La crise sanitaire et économique liée au coronavirus rend en effet difficile pour des millions d’Américains le paiement des loyers et des mensualités de crédit. Plusieurs internautes ont accusé Civvl de profiter de la situation de ces derniers pour gagner de l’argent. La légalité de l’activité est par ailleurs remise en question puisque les autorités américaines ont interdit les expulsions pour cause de non-paiement pendant la pandémie de coronavirus.

Un outil pour les « propriétaires frustrés »

La responsabilité juridique des actions entreprises avec des personnes recrutées via l’appli Civvl repose sur les propriétaires qui décident de mettre dehors leurs locataires, précisent d’ailleurs les conditions d’utilisation de l’application. Sur les annonces publiées sur le site Craigslist, l’entreprise promet des premières missions une semaine après l’inscription et un salaire horaire pouvant aller jusqu’à 125 dollars.

Qualifié d'« Uber, mais pour expulser les gens » par Vice, la start-up a tenu à réagir : « Civvl n’est qu’un outil à disposition des propriétaires frustrés qui recherchent une aide ponctuelle pour nettoyer et vider leurs logements inoccupés, ont affirmé les responsables de la société dans un e-mail. Rien de plus. Rien de moins ».

Une étude publiée sur la plateforme Apartment List montre que, début septembre, 29 % des Américains n’avaient pas pu payer l’intégralité de leur loyer ou de leur remboursement de crédit. Le mois précédent, le chiffre était de 8 %.