ONU : Début de l’Assemblée générale annuelle exceptionnellement virtuelle

MULTILATERALISME L’Organisation a demandé à recevoir les vidéos des discours quatre jours avant leur diffusion, interdisant toute spontanéité ou réactivité à l’actualité

20 Minutes avec AFP

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Illustration du drapeau de l'ONU, l'Organisation des Nations unies.
Illustration du drapeau de l'ONU, l'Organisation des Nations unies. — Luiz Rampelotto/NEWSCOM/SIPA

Comme chaque année au mois de septembre, les dirigeants du monde vont se retrouver ce mardi dans l’enceinte de l’Onu pour l’Assemblée générale. Mais en pleine crise mondiale due à la pandémie de Covid-19, les voix de Trump, Erdogan, Xi, Poutine, Rohani ou encore Macron, ne résonneront pas dans le vaste complexe de New York. Le bâtiment est quasi-vide, aucun dirigeant n’a fait le déplacement. Plutôt que de repousser cette grand-messe diplomatique, les organisateurs ont choisi le mode virtuel, avec des vidéos enregistrées.

Une année sans « diplomatie sous la table »

Un temps envisagée, la venue du président américain Donald Trump a été abandonnée. S’exprimer devant une salle clairsemée, où n’est admis qu’un diplomate masqué par pays, n’entrait probablement pas dans sa stratégie pour la présidentielle de novembre. Plusieurs diplomates s’inquiètent de cette situation : sans bilatérales, sans « diplomatie sous la table », comment trouver des solutions, des compromis sur les conflits qui secouent la planète ?

Sur le site Web de l’ONU, les discours des 193 membres vont s’enchaîner pendant une semaine, mettant en scène les dirigeants de la planète : le Chinois Xi Jinping devant une fresque de la Grande Muraille, d’autres dans des parcs présidentiels ou des palais, tandis que certains privilégieront la sobriété égayée du drapeau de leur pays. Après une introduction du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le président brésilien Jair Bolsonaro parlera le premier, suivi de Donald Trump. Des sommets thématiques (Covid-19, climat, Liban, Libye, biodiversité…), aussi virtuels, sont prévus dans les semaines à venir en marge de l’Assemblée.

Le désengagement de Trump

Face à la crise sanitaire et à des pays plus enclins aux décisions unilatérales qu’à favoriser le multilatéralisme, l’ONU a « manqué le rendez-vous », ont relevé de nombreux experts, et son Assemblée générale cette année en est l’illustration. Lundi, lors d’un sommet consacré au 75e anniversaire de l’Organisation, le président américain s’est fait représenter par une ambassadrice adjointe de la mission américaine auprès de l’ONU, témoignant de son dénigrement à l’égard du multilatéralisme. « L’ONU doit se concentrer sur l’action », a au contraire réclamé Xi Jinping.

Le président français Emmanuel Macron a pour sa part admis une crise interne. « Notre maison commune est en désordre à l’image de notre monde. Ses fondations s’érodent, ses murs se lézardent parfois sous les coups de boutoir de ceux-là mêmes qui l’ont construite », a-t-il dit, évoquant un « système international prisonnier » des rivalités entre pays. Son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, a quant à lui réclamé « de réformer le Conseil de sécurité » pour davantage d’égalité dans le monde. Une demande partagée par la chancelière allemande Angela Merkel. « Nous avons besoin de réformes » avec une Allemagne dans une instance « agrandie », selon elle. Les discours de cette semaine nous diront si c’est un vœu pieux.