Israël ouvre une brèche à la paix

Armelle Le Goff

— 

Vers un cessez-le-feu ? Peut-être un premier pas dans cette direction. Hier, l'Etat hébreu a annoncé qu'il allait cesser ses bombardements pendant trois heures chaque jour pour permettre l'ouverture d'un couloir humanitaire vers la bande de Gaza. Dans le même temps, le Hamas s'est engagé à suspendre les tirs de roquettes. Pourquoi cette détente ? Quelles perspectives offre-t-elle ? Décryptage.

Non, pas encore. D'abord parce que cette trêve de trois heures quotidiennes ne concerne que Gaza-ville ainsi que ses environs, et non pas l'ensemble du territoire, d'après le ministère israélien de la Défense. Par ailleurs, hier matin, avant la pause, neuf Palestiniens et deux enfants sont morts dans des bombardements. Dès la reprise des combats, une nouvelle victime était à déplorer côté palestinien, selon des sources médicales citées par l'AFP. Depuis son lancement, le 27 décembre, l'opération Plomb durci aurait coûté la vie à 702 Palestiniens et fait quelque 3 100 blessés. Côté israélien, les autorités déplorent quatre victimes civiles et sept militaires. Enfin, dans la bande de Gaza, la crise humanitaire « totale » évoquée mardi par les ONG est toujours d'actualité. L'offensive israélienne a en effet provoqué de graves pénuries de denrées, d'eau courante ainsi que des coupures d'électricité aux conséquences lourdes pour la population.

Loin de là. En établissant trois heures d'accalmie chaque jour, les deux parties ont fait un pas vers un possible retour au calme. Mais les tensions à l'origine du conflit sont encore loin d'être apaisées. La fin de la « tahdia » (trêve) avait été décidée par le Hamas notamment en raison du maintien du blocus israélien de la bande de Gaza. Or, pour Israël, celui-ci se justifie par la présence au pouvoir à Gaza d'un mouvement qui prône sa destruction. La solution vers laquelle on semblait s'acheminer hier repose sur l'initiative présentée mardi soir par les présidents égyptien et français. Néanmoins, en l'absence de tout dialogue, il semble difficile d'imaginer que ce plan suffise à assurer un cessez-le-feu durable. Par ailleurs, selon certains experts, il est peu probable qu'Israël quitte la bande de Gaza sans avoir sérieusement mis à mal les infrastructures militaires et politiques du Hamas, ce qui, pour l'instant, ne semble pas être le cas.

L'initiative d'Hosni Moubarak et de Nicolas Sarkozy, qui semblait hier avoir reçu l'assentiment de l'ensemble de la communauté internationale, préconise « un cessez-le-feu immédiat pour une période limitée » afin de permettre l'ouverture de corridors humanitaires à destination des Gazaouis. Dans un deuxième temps, il prévoit, sans doute pour la fin de la semaine, une rencontre israélo-palestinienne en Egypte (mais sans le Hamas, avec qui l'Etat hébreu refuse tout dialogue) pour éviter une répétition de l'escalade actuelle. Enfin, il propose une sécurisation des frontières de la bande de Gaza, visant à empêcher les transferts d'armes depuis l'Egypte. Hier, Paris s'est dit prêt à participer à un contrôle des points de passage. ■