Explosion à Beyrouth : Un palais détruit a accueilli un concert en hommage aux victimes

SYMBOLE 250 choristes sont venus de tout le Liban

20 Minutes avec agences

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Le port de Beyrouth, après l'explosion d'août
Le port de Beyrouth, après l'explosion d'août — Elizabeth Fitt/SIPA

Mêlant musique classique et chants libanais, un concert s’est tenu dimanche soir dans les jardins d’un palais historique de Beyrouth dévasté par l’ explosion​ au port, un hommage aux victimes du drame. Le concert, sans public mais retransmis en direct par les chaînes locales et sur les réseaux sociaux, était le premier à se tenir dans la capitale libanaise depuis l’explosion du 4 août, qui a fait plus de 190 morts et 6.500 blessés.

« Pour pouvoir faire son deuil (…), il était important d’avoir ce moment de musique, de poèmes, de mots », explique à l’AFP le directeur artistique de l’événement, Jean-Louis Mainguy. Les organisateurs ont appelé les Beyrouthins à allumer une chandelle à leur fenêtre en signe de solidarité. Le concert s’est tenu dans les jardins du Palais Sursock-Cochrane, joyau architectural du XIXe siècle, dans un des quartiers dévastés par la déflagration.

« Panser ses blessures »

Ce choix « est non seulement symbolique au niveau du patrimoine national mais aussi symbolique, en raison des stigmates de l’explosion qu’il porte », a précisé Jean-Louis Mainguy, évoquant un intérieur « largement dévasté ». Quelque 250 choristes venus de tout le Liban ont participé à la soirée, accompagnés par un orchestre d’une trentaine de musiciens, selon le collectif culturel #RecollectBeirut qui organisait l’événement. Le concert a débuté par une reprise de l’ode à la capitale libanaise « Li Beirut », de Fairouz.

Des portraits des victimes, encadrés par des bougies, avaient été installés dans les jardins, tandis que leur nom a été affiché par les chaînes de télévision alors que l’orchestre et les choristes alternaient l’appel à la prière musulmane et des « Amen ». Au programme également, une « participation virtuelle » de plusieurs artistes libanais, notamment la chanteuse Tania Saleh. L’écrivain franco-libanais Amin Maalouf a lui prononcé, dans un enregistrement, « une prière vers le ciel pour que le Liban puisse cette fois encore se remettre debout, et relever ses murs, et panser ses blessures, qu’il sache surmonter sa détresse, sa douleur et son abattement ».

L’explosion a ravagé des quartiers historiques où sont nichés palais et bâtisses à l’architecture typiquement beyrouthine. Avant l’explosion, le palais Sursock-Cochrane était un véritable « musée », raconte Georges Boustany, militant spécialisé dans la préservation du patrimoine. « Il y avait des objets qui viennent du monde entier. Des toiles italiennes, des tapisseries hollandaises, on parle du XVIe et XVIIe siècle (…), et tout cela a subi des dommages considérables. »