Îles Salomon : Deux experts en déminage meurent dans l’explosion d’une munition de la Seconde Guerre mondiale

INCIDENT Les deux hommes auraient stocké ces munitions dans un quartier résidentiel, sans autorisation, pour les étudier

20 Minutes avec agences

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Un obus (illustration)
Un obus (illustration) — BPI/REX Shutterstock/SIPA

Deux experts en déminage sont morts ce dimanche aux Îles Salomon. Ils essayaient de neutraliser des munitions datant de la Seconde Guerre mondiale, qui ont justement explosé à ce moment-là.

Les deux hommes, employés de l’ONG Norwegian People’s Aid (NPA), avaient stocké des munitions sans autorisation à Honiara, la capitale. Les deux victimes, un Britannique et un Australien, participaient à la constitution d’une base de données sur les munitions non explosées de l’archipel.

Des munitions détenues illégalement

L’explosion est survenue dans le bureau de l’ONG, selon la police. « Nous ne savons pas exactement ce qui a provoqué l’explosion de la bombe », a indiqué l’inspecteur en charge de l’enquête. Mais il semblerait « qu’ils avaient plusieurs UXO dans la résidence et qu’ils pourraient avoir été en train de travailler dessus. »

La police ignorait que les munitions étaient stockées à cet endroit. Si elle l’avait su, elle aurait insisté pour qu’elles soient transportées dans un centre de déminage approprié, a précisé l’inspecteur. Elles ont depuis été enlevées afin de sécuriser le quartier concerné, majoritairement résidentiel.

Des explosifs toujours aussi dangereux

Les activités de la NPA dans l’archipel ont été temporairement suspendues après l’accident. Les Îles Salomon ont été le théâtre de violents combats pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la fin du conflit, de nombreux obus, mines terrestres et autres munitions y ont été abandonnées. La NPA travaille avec la police locale pour étudier l’ampleur du problème et mettre au point un programme de collecte.

Sur son site Web, l’ONG assure que ce matériel militaire pose des problèmes de sécurité et est nuisible à l’environnement car il libère des produits chimiques. « Les munitions […] continuent de tuer ou de blesser gravement […] et sont utilisées pour des pratiques de pêche destructrices », avance la NPA. « On en trouve sur les chantiers, les récifs coralliens, les fermes, les forêts et les jardins de banlieue où les enfants les trouvent et jouent parfois avec. »