Gaza: «Le cessez-le-feu de trois heures ne change rien ni pour les civils ni pour les humanitaires»

TEMOIGNAGE Jessica Pourraz, responsable des projets pour Médecins sans frontières France à Gaza, décrit une situation catastrophique...

Recueilli par Catherine Fournier

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Un convoi d'aide humanitaire internationale a commencé à transiter mardi matin entre Israël et la bande de Gaza, au quatrième jour d'une offensive aérienne israélienne contre le Hamas qui contrôle le territoire palestinien, a indiqué un porte-parole militaire israélien.
Un convoi d'aide humanitaire internationale a commencé à transiter mardi matin entre Israël et la bande de Gaza, au quatrième jour d'une offensive aérienne israélienne contre le Hamas qui contrôle le territoire palestinien, a indiqué un porte-parole militaire israélien. — Said Khatib AFP/Archives

Jessica Pourraz, responsable des projets Médecins sans frontières France à Gaza, a témoigné du quotidien des humanitaires dans la bande de Gaza lors d'une conférence de presse téléphonique organisée ce mercredi avec plusieurs médias.

Selon elle, le cessez-le-feu de trois heures ne change rien car il n'est observé que dans la ville de Gaza. Témoignage.

«Depuis le début de l'offensive israélienne, le principal problème rencontré par les équipes humanitaires est l'accès aux blessés. Il y a sans arrêt des bombardements aériens et il est très dangereux de se déplacer dans la bande de Gaza. Pas un endroit n'est en sécurité: ni les hôpitaux, ni les ambulances, ni les écoles de l'ONU, dans lesquelles beaucoup de familles se réfugient.

 

Du coup, les blessés les moins graves restent chez eux et attendent. Médecins sans frontières leur apporte des kits médicaux pour les premiers soins. Les hôpitaux de Gaza, qui ont reçu du matériel, sont assez bien équipés et ont du personnel très compétent. Mais les blessés les plus graves n'arrivent pas toujours à temps pour être soignés car les ambulances ont difficilement accès à eux dans les zones urbaines périphériques, où ont lieu les combats terrestres.

Les Gazaouis sont dans un état de terreur permanent

Dans ces zones, le cessez-le-feu de trois heures n'est pas respecté. Il n'est observé que dans la ville de Gaza. Nos équipes dans les zones périurbaines nous ont dit que les hélicoptères continuaient à tirer. Autant dire que la trêve ne sert à rien car nous ne pouvons pas aller chercher les blessés en dehors de la ville. Idem pour le matériel des convois humanitaires. Les camions restent bloqués près des points de passage à la frontière avec Israël. Il faut faire l'aller-retour pour récupérer le contenu, c'est très dangereux.

Bref, les humanitaires ne peuvent pas travailler correctement et on fait face à une vraie catastrophe humaine. Dans toutes les guerres, les populations fuient. A Gaza, les civils sont pris au piège car le territoire est complètement verrouillé depuis dix-huit mois. Il n'y a plus d'électricité, les hôpitaux tournent sur les générateurs en permanence, la nourriture manque, l'eau potable aussi. Des milliers de personnes sont déplacées à l'intérieur de la bande de Gaza, et la densité de population est telle que les bombardements touchent tout le monde. Les Gazaouis sont dans un état de terreur permanent. A chaque fois que la nuit tombe, ils ne savent pas si leur maison sera debout le lendemain. Tout me monde souhaite que ça s'arrête.»

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