Biélorussie: Une nouvelle marche de l'opposition attendue après la répression policière

CONTESTATIONS Comme chaque dimanche depuis la réélection contestée d'Alexandre Loukachenko, le 9 août. Celle de ce jour survient au lendemain de la dispersion brutale, par la police, d’une manifestation de femmes. L’opposition craint une « escalade de la violence »

20 Minutes avec AFP

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Des agents des forces de l'ordre arrêtent une participante à l'événement d'opposition Bright March for Women’s Solidarity en dehors du marché de Komarovsky samedi 19 septembre.
Des agents des forces de l'ordre arrêtent une participante à l'événement d'opposition Bright March for Women’s Solidarity en dehors du marché de Komarovsky samedi 19 septembre. — Valery Sharifulin/TASS/Sipa USA/

Une nouvelle marche d'opposition est prévue dimanche dans le centre de la capitale biélorusse sous haute surveillance policière, au lendemain de l'arrestation brutale de centaines de manifestantes.

Depuis la réélection contestée d'Alexandre Loukachenko, le 9 août, des manifestations d'une ampleur historique se tiennent chaque dimanche pour exiger le départ du chef d'Etat, au pouvoir depuis 26 ans.

A Minsk et dans d’autres villes du pays

La manifestation de dimanche doit commencer à 14h à Minsk, mais des appels à protester dans d'autres villes du pays ont également été diffusés sur les réseaux sociaux.

Dimanche matin, des médias d'opposition ont publié des images de convois militaires circulant dans le centre de la capitale. La veille, la police y a dispersé brutalement une manifestation de femmes: selon la porte-parole du ministère de l'Intérieur, Olga Tchemodanova, 415 personnes ont été arrêtées à Minsk, et 15 dans d'autres villes, pour participation à des "manifestations non autorisées".

Au total, 385 d'entre elles ont déjà été libérées, selon cette source, qui a menacé de poursuites pénales les participants d'autres rassemblements de ce type.

Des images ont montré des officiers de police portant sans ménagement certains manifestantes jusqu'à des fourgons pénitentiaires.

L’opposition craint une « escalade de la violence »

Le nombre d'arrestations samedi ayant été bien supérieur que lors d'une manifestation semblable la semaine précédente, le Conseil de coordination de l'opposition a mis en garde contre "une nouvelle phase dans une escalade des violences contre des manifestants pacifiques". La militante Nina Baguinskaïa, 73 ans, devenue une figure du mouvement contre le président Loukachenko, a notamment été interpellée, avant d'être rapidement relâchée.

Face à la répression policière, une chaîne Telegram d'opposition très suivie, Nexta, a publié une liste de plus de 1.000 personnes présentées comme des fonctionnaires de police biélorusses. Lors des actions de protestation, des manifestations tentent régulièrement d'enlever les masques ou cagoules de policiers ne portant pas d'insignes, ou de badges avec leur identité.

Réfugiée en Lituanie, la leader de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa, qui revendique sa victoire lors de l'élection du 9 août, a affirmé samedi que les "Biélorusses étaient prêts à faire tomber l'anonymat de ceux qui obéissent à des ordres criminels". "Vous devez regarder dans les yeux votre peuple, celui que vous devez défendre", a-t-elle affirmé en s'adressant aux forces de l'ordre, citée sur la chaîne Telegram de son service de presse.

Vladimir Poutine appelé à la rescousse par Loukachenko

Le président Alexandre Loukachenko refuse catégoriquement de s'incliner et a demandé l'aide de son homologue russe Vladimir Poutine, qui a promis un soutien sécuritaire à Minsk si nécessaire et promis à la Biélorussie un prêt de 1,5 milliard de dollars.

Svetlana Tikhanovskaïa doit rencontrer lundi les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Bruxelles. Des sanctions européennes sont prévues contre des personnalités biélorusses jugées responsables de fraudes électorales et de la répression policière contre les manifestants.

Le régime biélorusse a emprisonné de nombreux cadres du Conseil de coordination de l'opposition crée par Svetlana Tikhanovskaïa. D'autres ont dû fuir le pays. L'une de ses alliées de premier plan, Maria Kolesnikova, a pour sa part refusé d'être conduite hors du pays. Elle est désormais emprisonnée et accusée d'avoir porté atteinte à la sécurité nationale.