Iran : Les Etats-Unis proclament unilatéralement le retour des sanctions de l’ONU

CRISE DIPLOMATIQUE Isolés sur le dossier du nucléaire iranien, les Américains veulent punir les pays ne respectant pas les sanctions contre l’Iran

20 Minutes avec AFP

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Le drapeau iranien à Téhéran, le 31 mars 2020.
Le drapeau iranien à Téhéran, le 31 mars 2020. — Vahid Salemi/AP/SIPA

Les Etats-Unis continuent de jouer en solo sur le dossier du nucléaire iranien. Washington a unilatéralement proclamé dans la nuit de samedi à dimanche que les sanctions des Nations unies contre l’Iran sont à nouveau en vigueur et ont promis de punir ceux qui les violent. Ce geste risque pourtant d’accroître l’isolement des Américains mais aussi les tensions internationales.

Une arme redoutable

« Aujourd’hui, les Etats-Unis saluent le retour de quasiment toutes les sanctions de l’ONU contre la République islamique d’Iran auparavant levées », a notamment déclaré le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo. Selon lui, ces mesures punitives sont « à nouveau en vigueur » depuis samedi 20h00 (2h00 dimanche en France).

Surtout, le gouvernement de Donald Trump menace clairement de mettre en place un système de sanctions dites secondaires pour punir tout pays ou entité qui violerait les sanctions de l’ONU, quand bien même il est l’un des seuls au monde à estimer qu’elles sont en vigueur. C’est une arme redoutable : les contrevenants désignés par Washington se verraient bloquer l’accès au marché et au système financier américains. « Si des Etats membres de l’ONU ne remplissent pas leurs obligations pour appliquer ces sanctions, les Etats-Unis sont prêts à utiliser leurs propres outils pour punir ces défaillances », a prévenu Mike Pompeo. Il a promis que des « mesures » américaines seraient annoncées « dans les prochains jours ».

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne unis

Seulement voilà, Washington est quasiment seul et contre tous : les autres grandes puissances, la Russie, la Chine, mais aussi les alliés européens des Américains, contestent cette affirmation. « Toute décision ou mesure prise dans l’intention de rétablir » les sanctions « n’aura aucun effet juridique », avaient répondu par avance la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne dans une lettre commune adressée vendredi à la présidence du Conseil de sécurité. Les Américains « se rendent compte eux-mêmes qu’il s’agit d’une déclaration mensongère », a aussi assuré le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif.

Le ministère russe des Affaires étrangères a lui aussi réagi, soulignant que les affirmations de Washington étaient dénuées de fondement légal. «Les initiatives et actions illégitimes des Etats-Unis ne peuvent par définition avoir de conséquences internationales légales pour les autres pays», a déclaré le ministère dans un communiqué.

Pour l’instant, le dialogue de sourds continue. L’administration Trump fait désormais comme si les sanctions internationales étaient de retour, tandis que les autres puissances entendent faire comme si de rien n’était. Le discours de Donald Trump mardi à l’Assemblée générale de l’ONU est donc particulièrement attendu.