Biélorussie : Plus de 300 femmes arrêtées lors d'une manifestation contre Alexandre Loukachenko

OPPOSITION Cette manifestation était la dernière en date d'une série d'actions de femmes en Biélorussie pour réclamer le départ d'Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis vingt-six ans

Marion Pignot

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Environ 2.000 femmes ont participé à une manifestation contre le pouvoir en place en Biélorussie, le samedi 19 septembre 2020. Plus de 300 ont été arrêtées.
Environ 2.000 femmes ont participé à une manifestation contre le pouvoir en place en Biélorussie, le samedi 19 septembre 2020. Plus de 300 ont été arrêtées. — VSPress/SIPA

Les forces antiémeutes biélorusses ont arrêté, ce samedi, des centaines de personnes au cours d’une marche de femmes à Minsk contre le président Alexandre Loukachenko. Environ 2.000 femmes participaient à ce défilé, brandissant le drapeau blanc et rouge de l’opposition. Les membres de la police antiémeute, encagoulés et en uniformes noirs, ainsi que des policiers en uniformes kaki et des policiers masqués en civil ont arrêté la marche et procédé aux arrestations.

Des centaines de manifestants ont été rapidement traînés dans les véhicules de la police, certaines femmes ayant été portées par les policiers. L’organisation de défense des droits de l’homme Viasna a diffusé en ligne les noms de 317 femmes arrêtées à Minsk. La police n’a pour sa part pas fourni le nombre des personnes arrêtées.

« Notre protestation a un visage de femme »

Parmi les femmes arrêtées se trouvait Nina Baguinskaïa, 73 ans, l’une des militantes les plus connues du mouvement de protestation contre Alexandre Loukachenko. Elle a ensuite été relâchée d’un poste de police. Des femmes ont réussi à s’enfuir et à se réfugier dans une onglerie, a rapporté le site d’informations Tut.by.

Cette manifestation était la dernière en date d’une série d’actions de femmes en Biélorussie pour réclamer le départ d’Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis vingt-six ans, après sa réélection jugée frauduleuse le mois dernier.

L’une des pancartes brandies par les manifestantes proclamait : « Notre protestation a un visage de femme », une référence au titre d’un ouvrage de la lauréate du prix Nobel de littérature Svetlana Aleksievitch, qui a soutenu la cause de l’opposition, « La guerre n’a pas un visage de femme ».

« Elles manifestent malgré les menaces permanentes et la pression »

Avant la manifestation, la cheffe de file de l’opposition Svetlana Tikhanovskaïa, qui a dû se réfugier en Lituanie, a fait l’éloge des « femmes courageuses du Bélarus ». « Elles manifestent malgré les menaces permanentes et la pression », a-t-elle souligné dans un communiqué. La police a « brutalement arrêté d’une manière massive de belles et courageuses femmes qui manifestaient en toute légalité et pacifiquement », a-t-elle ajouté.

Le Conseil de coordination de l’opposition mis en place par les alliés de Svetlana Tikhanovskaïa, a qualifié les arrestations de samedi de « nouvelle phase dans l’escalade de la violence contre des manifestants pacifiques ». Le canal d’opposition Nexta, qui a son siège en Pologne, a publié sur Telegram une liste de plus de 1.000 noms et grades de policiers, affirmant avoir obtenu ces données d’informateurs et qu’elle en posterait d’autres si les arrestations continuaient.

L’opposition doit organiser de nouvelles manifestations massives au Bélarus demain, dimanche.