Gaz: Le conflit n'est pas «dangereux pour la France»

DIPLOMATIE François Fillon souligne en revanche que la situation est critique dans d'autres pays d'Europe ...

MD avec agence

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AFPTV

François Fillon a affirmé mercredi que le conflit qui oppose la société russe Gazprom et l'Ukraine «n'est pas dangereux à moyen terme» pour les approvisionnements de la France, alors que le pays traverse une vague de froid. «Nous ne pouvons pas laisser cette situation s'installer, mais elle n'est n'est pas dangereuse à moyen terme pour les approvisionnements français», a déclaré le Premier ministre en visitant le Centre national d’exploitation du système électrique français de RTE (Réseau de transport public d’électricité). En revanche, a-t-il ajouté, «elle est dangereuse pour d'autres pays européens».

«Pour le moment, il n'est pas nécessaire» pour la France de constituer des stocks, a également affirmé le chef du gouvernement. Il a souligné que la France dépendait de la Russie pour «environ 15%» de ses approvisionnements gaziers.

Gazprom arrête ses livraisons en Ukraine

La salle de contrôle du géant russe Gazprom a officiellement donné l'ordre d'arrêter totalement le transit du gaz russe vers l'Europe via l'Ukraine, a rapporté mercredi l'agence russe Interfax. Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a ordonné au géant gazier Gazprom de cesser toutes les livraisons de gaz naturel transitant par l'Ukraine, a rapporté l'agence russe Interfax mercredi.

Mais l'Union européenne va-t-elle finir par se fâcher? Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays préside l'Union européenne pour six mois, a averti mercredi que si les livraisons de gaz russe à l'Europe «n'étaient pas rétablies d'ici demain, il y aurait une intervention plus ferme de l'UE».

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Une réaction qui intervient alors que la Russie a arrêté tout transit de son gaz destiné à l'Europe par le territoire ukrainien. A 7h44, heure locale, «la Russie a laissé l'Europe sans gaz», a déclaré le porte-parole ukrainien Valentin Zemlianski. Le chef du gouvernement tchèque n'a pas précisé quelle forme pourrait prendre la réaction de l'UE, qui a demandé à nouveau mercredi dans un communiqué «une solution urgente» au contentieux gazier russo-ukrainien et une «reprise immédiate» de toutes les livraisons à l'Europe. Une position également partagée par l'Agence internationale de l'énergie.



Une crise plus grave qu'en 2006

«La crise actuelle du gaz est beaucoup plus grave que celle qu'on avait connue en 2005-2006, elle est en quelque sorte inédite», a-t-il ajouté, «les deux pays sont plus agressifs lorsqu'il s'agit de faire valoir leurs intérêts». Selon lui, non seulement les pays d'Europe centrale et des Balkans mais aussi l'Allemagne - principal client de Gazprom au sein de l'UE - «connaîtront des problèmes dans les prochains jours si la situation reste inchangée».

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La Commission européenne a proposé mercredi matin à Moscou et Kiev d'envoyer des observateurs en Ukraine pour mesurer les volumes de gaz transitant effectivement entre les deux pays, selon un porte-parole.


«Nous exigeons que les deux parties reviennent à la table des négociations», a déclaré Ferran Tarradellas, le porte-parole de la Commission en charge des questions énergétiques. en rappelant toutefois que les Européens «ne vont pas être des médiateurs».

>> L'animation sur la situation du gaz en Europe, c'est par ici.

Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a appelé mercredi la Russie à reprendre «immédiatement» le transit de son gaz vers l'Europe via l'Ukraine, dans une lettre envoyée à son homologue russe, Dmitri Medvedev, et au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Du conflit économique au conflit politique

De son côté, le numéro deux du géant gazier russe Gazprom, Alexandre Medvedev, a accusé mercredi à Berlin l'Ukraine d'avoir coupé toutes les livraisons de gaz vers l'Europe, ce qui selon lui présente des «problèmes techniques sérieux» pour les gazoducs.

Le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère Javier Solana a affirmé, quant à lui, que le gaz ne devait pas être utilisé «comme un instrument politique». «On ne doit pas utiliser le pétrole et le gaz comme des armes politiques, nous devons être capables de trouver des mécanismes professionnels», qui n'aient «pas de hauts et de bas de nature politique», a ajouté Xavier Solana, sur la Radio nationale espagnole (RNE).