Cour suprême des Etats-Unis : La juge et icône féministe Ruth Bader Ginsburg est décédée à 87 ans

ETATS-UNIS Cette icône progressiste va laisser un immense vide qui pourrait être comblé par un juge conservateur si Donald Trump et les républicains gagner la bataille qui va s'engager

P.B. avec AFP

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Etats-Unis : Qui était la juge et icône féministe Ruth Bader Ginsburg qui est décédée à 87 ans ? — 20 Minutes

Elle se sera battue jusqu’au bout pour tenir jusqu’à la présidentielle américaine. La doyenne de la Cour suprême, Ruth Bader Ginsburg, est décédée vendredi à 87 ans, des suites d’un cancer du pancréas, a annoncé la plus haute instance judiciaire des Etats-Unis.

« Elle vient de mourir ? Je n’étais pas au courant. Elle a mené une vie exceptionnelle », a réagi le président républicain, qui était sur scène en train de faire un discours dans la ville de Bemidji, dans le Minnesota, au moment où la haute cour annonçait la mort de la juge. Donald Trump, qui s’est dit « triste » d’apprendre cette nouvelle, n’a été mis au courant du décès de la magistrate qu’à la fin de son meeting de campagne, quelques minutes avant d’embarquer dans l’avion présidentiel.

Une « colosse du droit »

Un peu plus tard, il lui a rendu hommage dans un communiqué plus solennel, sans révéler s’il comptait nommer son successeur rapidement. « Aujourd’hui, la Nation pleure une colosse du Droit », a-t-il écrit. Saluant un « esprit brillant », une « combattante », il a jugé que ses décisions, notamment sur les droits des femmes, « avaient enthousiasmé tous les Américains ».

Son rival démocrate, Joe Biden, a lui rendu un hommage appuyé à la magistrate la plus connue des Etats-Unis. « Ruth Bader Ginsburg s’est battue pour nous tous, et elle était très aimée », a-t-il souligné, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer. « Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat », a-t-il dit dans une déclaration à la presse.

Bataille en vue pour sa succession avec la présidentielle en ligne de mire

Selon la radio NPR, la juge « RBG », comme elle avait été surnommée, avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. « Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu’un nouveau président n’aura pas prêté serment », lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

Le chef républicain du Sénat Mitch McConnell a déjà fait savoir qu’il organiserait un vote, même s’il avait refusé d’auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu’il s’agissait d’une année électorale. Même si les républicains disposent d’une majorité de 53 sièges sur 100 à la chambre haute, certains élus républicains modérés, qui font face à des campagnes de réélection compliquées, pourraient toutefois faire défection et chaque camp va, sans aucun doute, déployer les grands moyens pour tenter de les convaincre.

« La bataille politique va être énorme » parce que si Donald Trump obtient gain de cause, « la Cour suprême deviendra la plus conservatrice depuis un siècle », a prédit le professeur de droit Carl Tobias. Si les républicains la gagnent, ils donneraient une nette majorité (6-3) à l’aile conservatrice et pourraient sonner le glas de nombreux dossiers chauds comme la réforme de la santé de Barack Obama et même le droit à l’avortement.