Présidentielle américaine : Donald Trump accusé d’agression sexuelle par une nouvelle femme

#METOO L’ancienne mannequin Amy Dorris affirme que le milliardaire new-yorkais l’a embrassée de force et touchée sans son consentement lors de l’US Open en 1997

P.B. avec AFP

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Donald Trump dans sa loge VIP à l'US Open en 1997.
Donald Trump dans sa loge VIP à l'US Open en 1997. — CATUFFE/SIPA

C'est la 26e accusatrice du président américain. Une ancienne mannequin américaine a accusé Donald Trump de l'avoir agressée sexuellement lors de l'US Open en 1997. Jeudi, Amy Dorris a raconté au journal britannique The Guardian comment le milliardaire républicain l'aurait embrassée et touchée sans son consentement. Les avocats du président ont nié farouchement, auprès du quotidien, ces accusations dévoilées à six semaines de la présidentielle du 3 novembre.

Selon Amy Dorris, son copain de l'époque, Jason Binn, était un proche de Donald Trump. Ce dernier les a invités tous les deux dans sa loge VIP de l'US Open. Sur une photo, on la voit assise entre Binn et le magnat de l'immobilier new-yorkais. Selon son témoignage, Donald Trump l'aurait accostée le 5 septembre 1997 devant les toilettes de sa loge.

«Il touchait mes fesses, mes seins, tout»

«Il a enfoncé sa langue dans ma gorge alors que je le repoussais. C'est alors que son étreinte s'est renforcée, ses mains étaient baladeuses et il touchait mes fesses, mes seins, mon dos, tout», explique-t-elle au Guardian, ajoutant lui avoir demandé d'arrêter. Donald Trump, qui avait 51 ans à l'époque, «se fichait» de son refus, précise-t-elle. «J'étais prisonnière de son étreinte, et je ne pouvais pas en sortir», dit-elle. La jeune femme, qui avait 24 ans au moment des faits alléguée, a eu la «nausée» et s'est sentie «bafouée», détaille-t-elle.

Dorris s'est aussitôt confiée à une amie et à sa mère, et plus tard, à un psychologue, qui ont tous les trois corroboré son témoignage. Son ex-copain, Jason Binn, n'a pas souhaité répondre au quotidien britannique mais a affirmé aux avocats du président américain qu'il ne se souvenait pas qu'elle lui ait fait part d'un tel incident.

Six semaines avant l'élection

L'ancienne mannequin explique au Guardian qu'elle a songé à témoigner publiquement en 2016, lorsqu'une quinzaine de femmes avaient accusé Donald Trump d'agression ou de harcèlement sexuel mais qu'elle avait eu peur des conséquences pour sa famille. Elle dit sortir de son silence aujourd'hui pour «montrer l'exemple» à ses filles âgées de 13 ans.

Donald Trump a été accusé d'agression sexuelle par plus d'une dizaine de femmes, dont une éditorialiste, E. Jean Carroll, qui l'accuse de l'avoir violée dans une cabine d'essayage au milieu des années 1990. Le président a nié toutes ces accusations. Dans le cas de E. Jean Carroll, il a indiqué qu'elle n'était «pas son genre de femme».

Juste avant l'élection de 2016, une vidéo d'Access Hollywood de 2005 avait été publiée. On entendait Donald Trump se vanter, en des termes vulgaires, de pouvoir embrasser ou attraper les femmes par les parties génitales grâce à sa notoriété. Le candidat s'était excusé pour ses propos mais avait assuré ne jamais avoir commis d'actes déplacés. Selon un sondage d'octobre 2016, 54% des Américains jugeaient les accusations contre lui crédibles, mais cela ne l'avait pas empêcher de remporter 81% du vote de l'électorat des évangélistes blancs.