Etats-Unis : Une prime de 20.000 dollars pour motiver les salariés d'une entreprise à quitter les grandes villes

EXODE URBAIN Les salariés de Stripe qui accepteront de quitter San Francisco, Seattle ou New York recevront une prime, mais verront aussi leur rémunération diminuer de 10 %

20 Minutes avec agence

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Un drapeau américain à New York.
Un drapeau américain à New York. — Angela Weiss / AFP

Stripe a proposé un marché original à ses employés, sous la forme d’un chèque de 20.000 dollars (près de 17.000 euros) pour celles et ceux qui acceptent de déménager et de quitter les grandes villes. Le spécialiste américain des solutions de paiement possède des locaux à San Francisco, Seattle et New York, précise CNN. Les prix de l’immobilier sont particulièrement élevés dans ces mégapoles.

En guise de contrepartie, l’entreprise prévoit cependant de réduire de 10 % le salaire des salariés qui se laissent tenter par la proposition. « Nous souhaitons que nos collaborateurs aient la possibilité de faire les choix de vie qui leur semblent les meilleurs pour eux, quels qu’ils soient, en toute liberté », a expliqué un porte-parole de Stripe.

L’exode urbain

Avec ou sans prime, les Américains sont déjà nombreux à avoir opté pour le télétravail depuis le début de la crise sanitaire liée au coronavirus. En juin dernier, les automobilistes ont roulé près de 60 milliards de kilomètres de moins sur les routes des Etats-Unis qu’en juin 2019, indique l’autorité fédérale en charge des autoroutes. Le phénomène a eu des retombées financières.

Les travailleurs qui ne se rendent plus en voiture dans les locaux de leur employeur et effectuent leurs tâches depuis leur domicile réalisent une économie groupée de 758 millions de dollars chaque jour, soit environ 642 millions d’euros. Le chiffre cumulé depuis le début de la pandémie de Covid-19 s’élève à 90 milliards de dollars, c’est-à-dire plus de 76 milliards d’euros, estime la plateforme pour travailleurs indépendants Upwork.

L’intérêt pour les grandes villes américaines n’est plus non plus ce qu’il était, à en croire l’exemple de New York. Les ventes d’appartements ont chuté de plus de 60 % à Manhattan en juillet dernier alors que le marché des maisons individuelles en dehors de la ville est en plein essor, note le rapport d’une agence immobilière.