Une crise humanitaire « totale »

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Au onzième jour de l'opération Plomb durci menée par l'armée israélienne dans la bande de Gaza, un bilan provisoire fourni hier soir par les services d'urgence palestiniens faisait état de plus de 630 morts et de 2 900 blessés. Première victime : la population, prisonnière de cette bande de terre de 362 km2, dont tous les accès ont été coupés.

Selon des sources médicales palestiniennes citées par l'AFP, l'attaque la plus meurtrière s'est produite hier dans le périmètre d'une école à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza. Elle aurait tué quarante Palestiniens parmi des dizaines qui s'y étaient abrités. Les agences onusiennes et le Comité international de la Croix-Rouge ont dénoncé une crise humanitaire « totale ». Dans ce contexte, certaines, comme l'Unicef, ont réclamé une réouverture de « tous » les points de passage avec Israël « afin d'acheminer l'aide humanitaire d'urgence ».

Au sol, les combats entre activistes palestiniens et soldats israéliens se sont poursuivis toute la journée d'hier à Gaza-ville, dans les quartiers de Zeitoun, Choujaïya et Touffah à l'extrémité de la ville, mais aussi dans les zones urbaines du nord et du sud du territoire palestinien. La délégation européenne et Nicolas Sarkozy, en tournée depuis deux jours dans la région pour trouver « les chemins de la paix », devaient rentrer hier soir sans espoir de trêve, Israël refusant toujours de mettre un terme à ses opérations. Un échec cinglant pour la diplomatie européenne, ralentie, en outre, par son refus de parler directement au mouvement islamiste.

Soutenu par son allié américain, qui réclame un « cessez-le-feu durable », le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a réaffirmé son refus de stopper les combats sans l'assurance d'un arrêt total des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza. Au sein des forces israéliennes, six soldats ont péri depuis le début de l'offensive. ■