Coronavirus : Plus d’un millier de pèlerins juifs bloqués à la frontière entre Biélorussie et Ukraine

RANDO L’Ukraine est toujours fermées aux touristes étrangers à cause de la pandémie de Covid-19

20 Minutes avec AFP

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Des milliers de pèlerins juifs à la frontière entre la Biélorussie et l'Ukraine.
Des milliers de pèlerins juifs à la frontière entre la Biélorussie et l'Ukraine. — HANDOUT / UKRAINE'S BORDER GUARD SERVICE / AFP

Le nombre de pèlerins juifs coincés à la frontière entre le Biélorussie et l’Ukraine en raison des restrictions liées au coronavirus dépasse désormais les 2.000 et d’autres continuent d’affluer, ont annoncé mercredi les deux pays. Venus principalement d’Israël mais aussi de France, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, ces juifs hassidiques espéraient participer à un pèlerinage à Ouman, dans le centre de l’Ukraine, mais se retrouvent bloqués dans le « no man’s land » entre les deux Etats à cause de la fermeture des frontières ukrainiennes du fait de la pandémie.

Les pèlerins sont passés par la Biélorussie en pensant pouvoir contourner les restrictions mises en place par Kiev. Coincés pour certains depuis plus d’une semaine dans des conditions précaires, leur sort fait craindre une crise humanitaire. « Nous appelons les autorités bélarusses à cesser d’exacerber les tensions à la frontière avec notre pays et à ne pas colporter des déclarations mensongères porteuses d’espoir pour les pèlerins, leur donnant l’impression que la frontière de l’Ukraine puisse s’ouvrir aux étrangers », a déclaré la présidence ukrainienne dans un communiqué.

Selon la Croix-Rouge biélorusse, les pèlerins n’ont pas « suffisamment de ressources pour subvenir à leurs besoins ». Des images transmises mardi par l’un des naufragés, Haim Weitshandler, montrent des groupes d’hommes et d’enfants assis ou allongés à même le sol de nuit, ou encore chantant devant un cordon de la police ukrainienne anti-émeute.

Nombreux policiers sur place

Des journalistes présents à la frontière ukrainienne mercredi ont constaté une présence importante de la police, de la garde nationale et des services de secours. Selon les gardes-frontières biélorusses, au moins 1.064 citoyens israéliens ont traversé la frontière depuis lundi, dont 242 enfants. « La Biélorussie a déployé des efforts maximaux pour fournir de la nourriture et des modules chauffants », ont-ils ajouté dans un communiqué. Les gardes-frontières ukrainiens ont eux aussi estimé le nombre de pèlerins coincés dans la zone neutre à « environ 1.000 », tout en disant avoir la situation « sous contrôle ». Mardi, ils étaient environ 700.

Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, qui entretient des relations tendues avec l’Ukraine qu’il accuse d’avoir favorisé la grave crise politique actuelle dans son pays, a demandé à son gouvernement de négocier avec Kiev « l’ouverture d’un couloir » humanitaire pour les pèlerins jusqu’à Ouman. Alexeï Dioubenkov, un porte-parole des gardes-frontières biélorusses cité par l’agence nationale Belta, a précisé que de nouveaux groupes de pèlerins continuent d’affluer vers la frontière toutes les heures.

Des dizaines de milliers de pèlerins, chaque année

« Il n’y a pas eu de provocation, pas de situation tendue depuis hier. Ils reçoivent périodiquement de l’eau potable et de la nourriture », a déclaré Andriï Demtchenko, porte-parole du service des gardes-frontières ukrainiens. Chaque année à l’époque du Nouvel an juif, des dizaines de milliers de pèlerins se rendent à Ouman, dans le centre de l’Ukraine, pour se recueillir sur la tombe de Rabbi Nahman de Breslev (1772-1810), fondateur d’une branche du judaïsme ultra-orthodoxe, le hassidisme. Cette année, le pèlerinage est prévu du 18 au 28 septembre.

Les autorités ukrainiennes et israéliennes avaient appelé les juifs hassidiques à renoncer cette année à cause de la pandémie de nouveau coronavirus, d’autant que l’Ukraine a interdit pour un mois fin août l’entrée des étrangers sur son territoire à cause d’un rebond du nombre des contaminations.