Sud-Liban: les Casques bleus sur le qui-vive

REPORTAGE Les soldats français positionnés au Liban doivent recevoir la visite de Nicolas Sarkozy...

David Hury

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Le lieutenant Trimouillas, casque bleu français de la Finul, au Sud-Liban, le 6 janvier 2009.
Le lieutenant Trimouillas, casque bleu français de la Finul, au Sud-Liban, le 6 janvier 2009. — David Hury
De notre correspondant au Liban

At-Tiri, mardi 6 janvier, position 2:45 du contingent français de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban). En attendant l’arrivée parmi eux de Nicolas Sarkozy, parti de Damas vers midi, les Casques bleus français profitent du soleil et d’un moment de détente après le déjeuner. Dans ce camp installé entre deux collines, les soldats de la paix savent que la zone dont ils ont la charge, située entre la «ligne bleue» définissant la frontière avec Israël et le fleuve Litani plus au nord, peut s’embraser d’un jour à l’autre. Depuis la découverte d’une batterie de missiles tournée vers l’Etat hébreu il y a 12 jours pas loin de leur QG de Naqoura, ils sont en état d’alerte, les patrouilles ayant été renforcées depuis. «Nous sommes prêts à faire face à toute situation, affirme le lieutenant Trimouillas (en photo). Nous ne redoutons pas une violation terrestre de la ligne bleue, mais nous suivons très attentivement tout ce qui se passe dans tout le Proche-Orient et plus particulièrement sur la scène libanaise.» 

Depuis huit jours, à Beyrouth, les discours presque quotidiens du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, font planer la menace d’un second front. Mais, si le Parti de Dieu apporte un soutien verbal inconditionnel au Hamas à Gaza, rien ne dit que ce «second front» sera ouvert au nord d’Israël. Pour l’instant. 

«Prêts à entrer en piste au moindre problème»

En cette période de crise intense dans la région, les Casques bleus français stationnés au Sud-Liban continuent néanmoins de constater les violations de l’espace aérien libanais par l’aviation israélienne, sans rien pouvoir faire d’autre que des comptes rendus. En revanche, en mer ou sur terre, les soldats français disposent d’une unité d’intervention rapide, la Quick reaction force (QRF), directement sous les ordres du général Graziano, le commandant en chef de la Finul. «Nous avons 13 chars Leclerc et 4 canons d’artillerie de 155mm, prêts à entrer en piste au moindre problème», explique le colonel Lajouanie, chef de la QRF. Si les soldats français de la Finul «ne redoutent pas» une extension du conflit gazaoui au Sud-Liban, ils prennent très au sérieux les acteurs de chaque côté de la frontière. Mais cela ne les empêche pas d’avoir un grand sourire et d’être contents d’être là. «Toute notre préparation militaire est faite pour que l’on travaille sur ce genre de théâtre des opérations, souligne le lieutenant Tremouillas. Même si en période de Noël, c’est dur d’être loin de la famille, nous sommes tous heureux d’être stationnés ici. Etre au Liban, c’est quelque chose de particulier pour nous, soldats français.»

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