Crise du gaz: vers une reprise des négociations?

ENERGIE Les réductions d'approvisionnements promises par le Kremlin, à ses voisins, sont drastiques...

Avec agence

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"Nous ferons tout ce que nous pourrons pour compenser (le gaz manquant) en augmentant les livraisons via le Bélarus et la Pologne", ainsi que via la Turquie, a toutefois ajouté le patron de Gazprom, Alexeï Miller, après une rencontre à Moscou avec le Premier ministre russe Vladimir Poutine.
"Nous ferons tout ce que nous pourrons pour compenser (le gaz manquant) en augmentant les livraisons via le Bélarus et la Pologne", ainsi que via la Turquie, a toutefois ajouté le patron de Gazprom, Alexeï Miller, après une rencontre à Moscou avec le Premier ministre russe Vladimir Poutine. — Alexey Druzhinin AFP

Le dialogue va-t-il reprendre entre l'Ukraine et la Russie? Le patron de la compagnie gazière publique ukrainienne Naftogaz, Oleg Doubina, se rendra à Moscou le 8 janvier pour y rencontrer son homologue russe de Gazprom Alexeï Miller, a-t-il déclaré mardi lors d'une conférence de presse à Kiev. «Je viens de parler par téléphone à Alexeï Miller. Le 8 janvier, je pars à Moscou», a-t-il déclaré, suggérant que les négociations, interrompues au soir du 31 décembre, allaient donc reprendre.

Oleg Doubina a par la même occasion rejeté les accusations de vol de gaz russe, et assuré que l'Ukraine honorait tous ses engagements en la matière, alors que nombre de pays européens ont fait part mardi d'une brusque dégradation dans leur approvisionnement en gaz russe.

De son côté, le géant gazier russe Gazprom est prêt à reprendre les pourparlers avec l'Ukraine «à tout moment», a déclaré mardi le porte-parole du groupe contrôlé par l'Etat russe, Sergueï Kouprianov.

Les coupures de gaz «inacceptables» pour la présidence de l'UE

L'Union Européenne haussait le ton mardi matin. La coupure de gaz à certains pays de l'UE est «complètement inacceptable», et les livraisons doivent reprendre «immédiatement», a estimé la présidence tchèque de l'UE et la Commission européenne dans un communiqué. Un représentant de la présidence tchèque de l'Union européenne devait rencontrer ce mardi à Berlin le vice-président du géant gazier russe Gazprom Alexandre Medvedev pour discuter du conflit.

Les livraisons de gaz russe vers la Bulgarie, la Grèce, la Turquie et la Macédoine ont été arrêtées dans la nuit de lundi à mardi. En France, les livraisons de Gazprom ont baissé mardi «de plus de 70%» par rapport à la normale, selon GDF Suez. Le groupe assure que «toutes les mesures nécessaires sont prises pour assurer la continuité de fourniture de gaz naturel à l’ensemble des clients de GDF Suez en France et Europe». Le gaz russe représente environ 15% des approvisionnements du groupe GDF Suez en Europe.

>>> L'animation sur la situation du gaz en Europe, c'est par ici.


L'Autriche est également touchée. «Dans les conditions actuelles de météorologie et de consommation, l'approvisionnement en énergie de l'Autriche sera assuré», la non livraison de 90% du gaz russe prévu étant «compensée par l'appel aux réserves» constituées par une filliale d'OMV, EconGas, soit 1,7 milliard de m3, a indiqué le groupe autrichien dans un communiqué. Selon OMV, Gazprom, lui avait d'abord annoncé dans la nuit une réduction de 30 à 40%, mais, vers 8 heures, mardi matin, les livraisons sont tombées à 10% de la quantité prévue.

De son côté, la Pologne a déclaré ne recevoir que 15% du gaz russe transitant par l'Ukraine, selon le gazier national polonais PGNiG dans un communiqué. Les livraisons de gaz russe à la Hongrie via l'Ukraine «ont été interrompues à 15h30», a annoncé mardi-après midi le ministre hongrois de l'Energie Csaba Molnar au cours d'une conférence de presse. Il a ajouté avoir informé la Serbie et la Bosnie, approvisionnées via la Hongrie, que les livraisons de gaz ne pourraient avoir lieu.

«D'ici quelques heures des problèmes avec l'approvisionnement de l'Europe commenceront»

Un peu plus tôt un responsable de la société ukrainienne Naftogaz prévenait que le géant russe Gazprom avait drastiquement réduit les livraisons de gaz destiné aux consommateurs européens et transitant par l'Ukraine, ce qui provoquera «d'ici quelques heures» des perturbations pour l'approvisionnement de l'Europe. Cette forte réduction des livraisons de gaz russe intervient alors que les températures ont sensiblement baissé dans toute l'Europe - jusqu'à -26 degrés à Leipzig, dans l'est de l'Allemagne - un phénomène météorologique qui provoque une hausse de la consommation.

«Ils ont réduit les livraisons jusqu'à 92 millions de m3 par 24 heures contre 221 millions de m3 promis sans aucune explication. Nous ne comprenons pas comment nous allons acheminer du gaz vers l'Europe», a déclaré le porte-parole de Naftogaz Valentin Zemlianski. «Cela veut dire que d'ici quelques heures des problèmes avec l'approvisionnement de l'Europe commenceront», a-t-il ajouté.

Un changement «radical» de la situation

La baisse des livraisons de gaz russe en direction des pays de l'Union européenne au cours de la nuit représente un changement «radical» de la situation, a estimé mardi le ministre tchèque de l'Industrie et du Commerce Martin Riman lors d'entretiens à Kiev.


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