Russie : Des élections régionales et municipales ce dimanche en pleine affaire Navalny

URNES L’opposition espère faire des gains, alors que le président russe, Vladimir Poutine, est impopulaire

20 Minutes avec AFP

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Le président russe depuis 2000, Vladimir Poutine (sauf entre 2008 et 2012).
Le président russe depuis 2000, Vladimir Poutine (sauf entre 2008 et 2012). — Mikhail Klimentyev/AP/SIPA

Les Russes se rendent aux urnes dimanche pour des élections régionales en pleine affaire d’empoisonnement de l’opposant numéro un, Alexeï Navalny. Dans 41 régions du plus vaste pays au monde, les électeurs sont appelés à élire leurs gouverneurs, assemblées régionales ou municipales, ainsi que quatre députés du Parlement national. Les autorités ont autorisé un scrutin sur trois jours et des bureaux de vote en plein air, officiellement pour limiter les risques liés au coronavirus.

Cette année, la campagne a été dynamisée par la présence d’opposants, notamment à Novossibirsk (Sibérie), la troisième ville du pays, où une alliance inédite d’une trentaine de candidats indépendants, dont des soutiens d’Alexeï Navalny, défie le parti de Vladimir Poutine, Russie Unie. La campagne y a été particulièrement active, avec par exemple de grands panneaux publicitaires en ville montrant les visages des candidats, en particulier ceux des nouveaux partis. « Dis-leur 'Non' ! » et « Vote pour changer le système » font notamment partie des slogans les plus visibles.

« Vote intelligent »

Les élections régionales sont aussi une occasion pour l’opposition de mettre une nouvelle fois à l’épreuve sa tactique de « vote intelligent », qui consiste à appeler à voter pour le candidat le mieux placé pour faire perdre celui du pouvoir. Cette tactique avait déjà fait ses preuves l’été dernier à Moscou, lors d’élections municipales contestées à l’issue desquelles Russie Unie a perdu de nombreux sièges, au profit principalement des communistes. Elle a été élaborée par Alexeï Navalny, le principal adversaire du Kremlin dont le spectre plane sur la campagne.

Tombé gravement malade en août alors qu’il menait une tournée en Sibérie pour soutenir les candidats d’opposition et enquêter sur la corruption des élites locales, il est actuellement hospitalisé à Berlin. Selon ses médecins allemands, Alexeï Navalny a été empoisonné en Russie par un agent innervant de type Novitchok, substance conçue par des spécialistes soviétiques à des fins militaires. L’opposant de 44 ans n’est sorti du coma que lundi.

Faible popularité de Vladimir Poutine

Les soutiens de l’opposition ont également fait l’objet d’attaques, de pressions et de menaces tout au long de la campagne. Hormis Russie Unie et les traditionnels Parti communiste et LDPR (nationalistes), le scrutin compte également des candidats de quatre nouvelles formations – axées respectivement vers le conservatisme, les entrepreneurs, l’écologie ou les nouvelles technologies - mais soupçonnées d’avoir été encouragées par le pouvoir pour diviser l’électorat que vise l’opposition et donner un vernis pluraliste aux scrutins.

Dans un contexte économique et social difficile, d’accusations de corruption et d’une impopulaire réforme des retraites en 2018, la popularité du parti de Vladimir Poutine s’érode avec seulement 30 % d’opinions favorables, selon les derniers sondages. Ces scrutins locaux et régionaux interviennent à un an des élections législatives de septembre 2021.