Grèce : 400 mineurs isolés du camp de Lesbos incendié vont être répartis dans dix pays européens

DRAME Le principal camp de réfugiés et réfugiées de l’île de Lesbos, en Grèce, a été presque entièrement détruit par les flammes. Il accueillait plus de 12.000 personnes

20 Minutes avec AFP

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Le camp détruit de Moria, à Lesbos.
Le camp détruit de Moria, à Lesbos. — Panagiotis Balaskas/AP/SIPA

Dix pays de l’Union européenne vont accueillir quelque 400 migrants et migrantes mineures non accompagnées, évacuées de l’île grecque de Lesbos après l’incendie gigantesque du camp de Moria, a annoncé ce vendredi le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer. « Nos contacts avec les pays membres de l’Union européenne ont conduit à ce que 10 pays membres participent au transfert » de ces 400 jeunes, a-t-il affirmé à Berlin, précisant que l’Allemagne et la France prendraient en charge chacune 100 à 150 de ces enfants.

Ces 400 enfants non accompagnés ont déjà été transférés en Grèce continentale après l’incendie qui a ravagé le camp insalubre et surpeuplé, et laissé les plus de 12.000 personnes qui y vivaient dans le plus grand dénuement. « Nous sommes en discussion avec d’autres pays » de l’UE pouvant accueillir ces jeunes, a précisé Horst Seehofer au cours d’une conférence de presse avec le commissaire européen aux Migrations, Margaritis Schinas, qui participait par vidéo depuis Athènes.

« Un rappel sévère »

Les Pays-Bas avaient proposé jeudi de prendre en charge une centaine de migrants, pour moitié mineurs. « Moria est un rappel sévère à tous les membres (de l’Union européenne) de ce que nous avons besoin de changer en Europe », a jugé Margaritis Schinas, qui devait ensuite s’entretenir avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. « Nous avons besoin d’une solidarité dans la politique migratoire » de l’UE, a-t-il ajouté.

Le drame de Moria a relancé le débat sur l’accueil des demandeurs d’asile en Europe, au sujet duquel les pays de l’UE se déchirent. La Commission européenne doit présenter à la fin du mois une proposition très attendue, et plusieurs fois repoussée, d’un nouveau Pacte sur la migration et l’asile.