Inde : Visite express de la ministre des Armées Florence Parly pour vanter les armes françaises

VRP La ministre se déplace avec tous les membres du groupement d’intérêt économique Rafale, dont Dassault, Safran, MBDA et Thalès

20 Minutes avec AFP

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La ministre des Armées, Florence Parly, à l’école militaire de Saint-Cyr le 7 septembre 2020.
La ministre des Armées, Florence Parly, à l’école militaire de Saint-Cyr le 7 septembre 2020. — Mathieu Pattier/SIPA

Dans une période de vives tensions entre l’Inde et la Chine, ce n’est pas anodin de se rendre à New Delhi pour promouvoir l’industrie militaire hexagonale. C’est ce que va faire ce jeudi la ministre française des Armées lors d’une visite express. Ce sera la troisième visite de Florence Parly en Inde, pays qui doit intégrer le Conseil de sécurité de l’ONU en 2021.

Livraison de cinq Rafale

Alors, visite diplomatique, stratégique ou commerciale ? Un peu des trois, même si le programme tourne autour d’une cérémonie de remise de cinq Rafale, livrés au début de l’été dans le cadre d’une commande de 36 avions de chasse. Le géant d’Asie du Sud est le premier client de la France depuis dix ans avec plus de 13 milliards d’euros de commande. Il entretient des relations tendues avec ses voisins pakistanais et chinois et s’est rapproché ces dernières années de l’Australie et des Etats-Unis pour contrer l’expansionnisme de Pékin.

Le cabinet de la ministre s’attend à ce que les autorités fassent « allusion » aux litiges frontaliers avec la Chine. Les Rafale ne sauraient cependant peser de façon décisive face à la toute-puissante armada chinoise, constate Manoj Joshi, un expert de l’Observer Research Foundation de New Delhi. « Mais il y a une signification politique. Ils vont remonter le moral des forces de défense du pays », estime-t-il, soulignant le soutien de l’opinion indienne à ce contrat.

Rencontre du controversé conseiller à la sécurité nationale

Côté français, l’enjeu est profondément industriel et commercial. Florence Parly rencontrera évidemment son homologue, le ministre indien de la Défense Rajnath Singh, mais aussi le puissant et controversé Ajit Doval, conseiller à la sécurité nationale. C’est lui qui s’est chargé de la question du Cachemire sous le mandat du Premier ministre Narendra Modi, déployant dans la zone en février 2019 des dizaines de milliers de troupes supplémentaires. Et c’est encore lui qui est à la manœuvre face à la Chine. L’homme idéal donc pour parler contrats d’armement et autonomie stratégique indienne.

Florence Parly, « extrêmement mobilisée sur le front des exportations » selon son entourage, se déplace avec tous les membres du groupement d’intérêt économique Rafale, dont Dassault, Safran, MBDA et Thalès. Car l’Inde est engagée dans un vaste plan de modernisation de ses équipements militaires à hauteur de 130 milliards de dollars. Elle a non seulement besoin d’avions, mais aussi de sous-marins, de navires de combat, d’armes ou encore de drones.

Sauver la production du Rafale

Des perspectives d’autant plus importantes que le calendrier du Rafale comporte un trou inquiétant entre 2024 et 2027, qu’il convient de combler au plus vite pour ne pas devoir arrêter les chaînes de montage. Cela vaut bien une petite démonstration de l’avion de chasse français. Elle est prévue en milieu de matinée sur la base aérienne d’Ambala, située dans l’extrême-nord du pays, aux confins du Pakistan, du Cachemire et de la Chine. Avec des pilotes indiens aux commandes.