Grèce : Le principal camp de migrants de l’île de Lesbos presque totalement détruit par un incendie

SAUVETAGE L’incendie aurait été déclenché par des demandeurs d’asile, selon un ministre grec

20 Minutes avec AFP
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Le camp de migrants de Lesbos presque totalement détruit par un incendie — 20 Minutes

Une opération de sauvetage d’envergure est en cours dans l’emblématique et surpeuplé camp de migrants et de migrantes de Moria, sur l’île grecque de Lesbos, où plusieurs feux se sont déclenchés ce mercredi au petit matin, d’après les pompiers grecs. L'incendie aurait été déclenché par des demandeurs d'asile, selon un ministre grec.

Selon les services de secours, « des feux épars dans la prairie autour du camp mais aussi à l’intérieur de la structure » mobilisent 25 pompiers et pompières et 10 véhicules pour évacuer le camp le plus sordide d’Europe, qui héberge actuellement près de 12.700 demandeurs et demandeuses d’asile, quatre fois sa capacité d’accueil.

Les pompiers et pompières précisent que pour l’instant « il n’y a pas de victimes, mais quelques blessés légers avec des problèmes respiratoires dus à la fumée ». Selon un photographe sur place, « la quasi-totalité du camp est en feu, aussi bien à l’intérieur que les tentes qui se trouvent à l’extérieur dans l’oliveraie ». « Des demandeurs d’asile fuient le camp à pied en direction du port de Mytilène mais sont bloqués par les véhicules des forces de l’ordre », ajoute-t-il.

99 % du camp brûlé

Près de 500 migrants et migrantes se trouvent sur la route vers le port du Mytilène bloqués par les forces de l’ordre, et d’autres se sont abrités dans les collines environnant le camp. Selon le président du syndicat des pompiers et pompières de Lesbos, interrogé mercredi matin, Yorgos Ntinos, le camp « brûlé à 99 % et le feu continue ». Stand by Me Lesvos, une association regroupant locaux et réfugiés, s’alarme sur Twitter : « Tout brûle, les gens fuient ». « Certains témoignages rapportent que des locaux bloquent le passage (des réfugiés) dans le village voisin », ajoute aussi l’association.

D’après l’agence de presse grecque ANA, les feux auraient été déclenchés à la suite de la révolte de certains demandeurs et demandeuses d’asile qui devaient être placées en isolement, ayant été testés positifs au coronavirus ou proches d’une personne ayant été détectée positive. Les services de secours rapportent également dans leur communiqué avoir « été empêchés d’entrer dans le camp pour intervenir » par certains groupes de réfugiés à leur arrivée dans le camp, et avoir fait appel aux forces de l’ordre pour pouvoir poursuivre l’opération de sauvetage.

Un camp décrié depuis longtemps

La semaine dernière, les autorités ont détecté un premier cas de coronavirus dans le camp de Moria et ont mis le camp en quarantaine pour quinze jours. Après la réalisation de 2.000 tests de dépistage, 35 personnes ont été détectées positives au Covid-19 à Moria. « Les 35 personnes positives au coronavirus ont été transportées dans un espace prévu pour leur isolement », a précisé le ministère grec des Migrations. Avec l’incendie, « tout le monde s’est dispersé et les cas positifs se sont mélangés aux autres désormais », s’inquiète mercredi matin une source policière à Lesbos.

Le camp de Moria a été ces dernières années à maintes reprises décrié pour son manque d’hygiène et son surpeuplement par les ONG qui appellent régulièrement les autorités grecques à transférer les demandeurs d’asile les plus vulnérables vers le continent. Les émeutes et bagarres sont devenues quasi quotidiennes dans le camp de Moria. De janvier à fin août, cinq personnes ont été poignardées dans plus de 15 attaques. En mars dernier, une fillette avait perdu la vie dans un conteneur brûlé. En septembre 2019, deux personnes étaient également décédées dans un incendie.