Affaire Navalny : Le G7 exhorte Moscou à traduire en justice « urgemment » les auteurs de l’empoisonnement

REACTION L'opposant est sorti du coma, lundi, près de trois semaines après avoir été empoisonné en Russie

20 Minutes avec AFP

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Manifestant pour Alexei Navalny
Manifestant pour Alexei Navalny — Kommersant/SIPA

Alors que l’ONU demande une enquête « approfondie » de Moscou, les grandes puissances du G7 ont exhorté mardi la Russie à traduire « urgemment » en justice les auteurs de « l’empoisonnement confirmé » de l'opposant Alexeï Navalny.

Dans un communiqué, les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni affirment être « unis dans la condamnation, dans les termes les plus forts, de l’empoisonnement confirmé d’Alexeï Navalny ».

Le G7 rappelle l’engagement de la Russie sur les armes chimiques

« Nous, ministres des Affaires étrangères du G7, appelons la Russie à urgemment faire toute la transparence sur l’identité des responsables de cette attaque au poison détestable et à traduire les auteurs en justice », insistent-ils, en rappelant les « engagements » de Moscou eu égard à la Convention sur les armes chimiques.

« Tout usage d’armes chimiques, partout, à tout moment, par qui que ce soit et quelles que soient les circonstances, est inacceptable et contraire aux normes internationales », soulignent les ministres, dans ce communiqué rendu public par les Etats-Unis, qui président cette année le G7.

« Cette attaque contre le chef de l’opposition Navalny est un autre coup grave contre la démocratie et la pluralité politique en Russie. Elle constitue une menace sérieuse pour ces hommes et ces femmes qui défendent les libertés politiques et civiques », ajoutent-ils.

Le G7 promet de « suivre de près » la réponse russe aux demandes internationales d’explications.

Une rencontre franco-russe annulée

Un peu plus tôt dans la journée, la France a fait savoir qu’elle reportait une rencontre des ministres des Affaires étrangères et de la Défense français et russes prévue le 14 septembre à Paris. « Au regard des circonstances actuelles et après un échange avec les autorités russes, il a été décidé de reporter la réunion du Conseil franco-russe de coopération sur les questions de sécurité à une date ultérieure », a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll.

La visite du président Macron programmée dans les prochaines semaines à Moscou pourrait aussi être remise en question par l’affaire Navalny. « Tout est possible », relève une source diplomatique française.