Affaire Navalny : Le Kremlin dénonce des accusations « absurdes »

ALLEMAGNE La Russie est accusée d’avoir empoisonné son opposant politique

J.-L.D. avec AFP

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Manifestant pour Alexei Navalny
Manifestant pour Alexei Navalny — Kommersant/SIPA

Le Kremlin a dénoncé ce lundi les tentatives « absurdes » d’accuser la Russie de l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, victime d’un agent neurotoxique de type Novitchok selon Berlin qui a fixé un ultimatum de quelques jours à Moscou pour recevoir des explications.

Cette déclaration intervient alors que des appels à sanctionner la Russie se multiplient en Occident, des conséquences pour le projet de gazoduc Nord Stream 2 n’étant pas exclues si Moscou ne fournit pas les réponses attendues sur l’empoisonnement.

Le «J’accuse» allemand

« Toute tentative d’associer la Russie de quelque manière que ce soit à ce qui s’est passé (avec Alexeï Navalny) est inacceptable à nos yeux », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Ces tentatives sont « absurdes », a-t-il assuré.

Selon le gouvernement allemand, Alexeï Navalny a « sans équivoque » été empoisonné en Russie lors d’une tournée électorale par un agent neurotoxique de type Novitchok, une substance conçue à l’époque soviétique à des fins militaires. Berlin et les autres pays occidentaux pointent du doigt les autorités russes et les exhortent à fournir des explications.

Ultimatum berlinois

Le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab a jugé ainsi « très difficile » de penser à une autre explication « plausible » que celle d’une « émanation de l’Etat russe ». Le bras de fer s’est durci dimanche, l’Allemagne fixant un ultimatum de quelques jours à Moscou pour « clarifier ce qui s’est passé ».

Alexeï Navalny, connu pour ses enquêtes anti-corruption visant l’élite politique russe, s’est trouvé mal le 20 août et a été hospitalisé en urgence à Omsk en Sibérie, avant d’être évacué vers Berlin à l’issue d’un bras de fer entre son entourage et les médecins russes. Il est actuellement sorti du coma artificiel ce lundi à l’hôpital berlinois de la Charité.

L’agent neurotoxique Novitchok avait déjà été utilisé contre l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia en 2018 en Angleterre. Selon les autorités britanniques, le GRU, le renseignement militaire russe, était le principal suspect. Cette affaire avait déjà entraîné des sanctions contre la Russie, qui avait nié toute implication.