Tensions en Méditerranée : Le prochain Conseil européen pourrait décider de sanctions contre la Turquie

DIPLOMATIE C’est en tout cas la menace que fait placer Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères

20 Minutes avec AFP

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Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. — AP/SIPA

Le Conseil européen prévu fin septembre sera consacré au premier chef au dossier turc et aux tensions en Méditerranée orientale, avec notamment l’étude de sanctions à l’égard d’Ankara, a déclaré dimanche le ministre français des Affaires étrangères. « Nous avons préparé ce dossier turc il y a quelques jours, entre ministres des Affaires étrangères à Berlin, pour énumérer la panoplie des représailles que nous pourrions engager à l’égard de la Turquie », a indiqué Jean-Yves Le Drian sur France Inter.

Plusieurs pays de l’Union européenne, la France en tête, connaissent de vives tensions avec la Turquie notamment sur le dossier libyen, les questions migratoires ainsi que la sécurité et les réserves de gaz en Méditerranée orientale, où Ankara est accusée de mener une politique expansionniste. « Nous disons à la Turquie : entre maintenant et le Conseil européen, faites preuve de capacité de discussion d’abord sur la Méditerranée orientale », a expliqué le chef de la diplomatie française. « C’est aux Turcs de faire en sorte que cette question (…) puisse faire l’objet d’une discussion (…). C’est possible ! », a-t-il ajouté. « A ce moment-là, on rentre dans un cercle vertueux sur l’ensemble des problèmes posés ».

Le sommet aura lieu les 24 et 25 septembre

La situation est devenue particulièrement volatile dans la région après un mois d’escalade, déclenchée le 10 août par le déploiement d’un navire de recherche sismique turc dans des eaux revendiquées par Athènes. Dans un signe de soutien à son partenaire grec au sein de l’UE, la France a renforcé fin août sa présence militaire en Méditerranée orientale. Et depuis des mois, les deux capitales échangent les invectives. Jean-Yves Le Drian a refusé de préciser la nature de ces éventuelles sanctions. « Il y a toute une série de mesures qui peuvent être prises. On n’est pas démuni du tout et il (le président turc Recep Tayyip Erdogan, ndlr) le sait très bien », a-t-il martelé.

Mais il a évoqué en creux une batterie de sanctions économiques, accusant Recep Tayyip Erdogan de créer « un état d’esprit islamo-nationaliste » destiné à « cacher la vérité de la situation économique » en Turquie. Le Conseil européen, qui réunit les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, se tiendra les 24 et 25 septembre.