Mali : Le président déchu Ibrahim Boubacar Keïta a quitté le pays

DEPART La junte au pouvoir l’a laissé partir pour des raisons médicales et a ouvert samedi des consultations sur la transition

20 Minutes avec AFP

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L'ancien président du Mali Ibrahim Boubacar Keïta, à Nouakchott le 1er juillet 2020.
L'ancien président du Mali Ibrahim Boubacar Keïta, à Nouakchott le 1er juillet 2020. — Ludovic Marin/AP/SIPA

Les militaires qui ont pris le pouvoir au Mali ont réussi à se débarrasser d’un symbole encombrant. L’ex-président du pays, Ibrahim Boubacar Keïta, a quitté samedi soir Bamako pour des soins aux Emirats arabes unis, plus de deux semaines après son renversement par une junte qui a ouvert le même jour des consultations sur la transition.

Des conditions non dévoilées

La famille de l’ex-président a confirmé l’information, indiquant qu'« il a été autorisé à partir avec deux personnes à Abou Dhabi » à bord d’un avion envoyé par les Emirats. « Nous avons effectivement pour des raisons humanitaires accepté son départ mais à des conditions », a déclaré, sans plus de précisions, un responsable de la junte qui a renversé le 18 août le président IBK.

Ce départ pour des soins à l’étranger, avait été évoqué peu après la chute de l’ancien président. Il s’est précisé en début de semaine à la suite, selon ses médecins, d’un court AVC pour lequel IKB a été hospitalisé mardi dans une clinique de Bamako qu’il a quittée jeudi.

Une junte sous pression

Les militaires n’ont toutefois pas complètement les mains libres. Sous la pression de la communauté internationale, et notamment des voisins ouest-africains, la junte a ouvert samedi à Bamako des concertations sur la transition, qui doivent se poursuivre jusqu’au 12 septembre. « Nous abordons une nouvelle histoire de notre pays. Cette étape cruciale nécessite une profonde réflexion et l’implication de l’ensemble des filles et des fils de la nation », a déclaré à l’ouverture des travaux Malick Diaw, numéro deux du « Comité national pour le salut du peuple » (CNSP) mis en place par les putschistes.

Aucun représentant de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), l’ex-rébellion à dominante touareg, signataire de l’accord de paix de 2015, n’était cependant présent. Dans un communiqué, la CMA juge que « les mesures de confiance nécessaires à la construction d’un partenariat pour des responsabilités partagées ne semblent pas d’actualité ». La CMA « ne saurait cautionner aucun processus sans concertations participatives et consensuelles ».

Néanmoins, le président français Emmanuel Macron a appelé samedi « à la mise en place sans délai d’une transition politique civile au Mali (…) condition sine qua non d’une lutte efficace contre les terroristes ». La junte a promis une transition vers un pouvoir civil. Mais la forme et la durée de cette transition, deux sujets de friction avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) qui a imposé des sanctions aux nouveaux dirigeants militaires, ne sont pas encore fixées.