Niger : Des soldats responsables de l’exécution de dizaines de civils

EXACTIONS Une enquête de la Commission nationale des droits de l'Homme a découvert plusieurs fosses communes

20 Minutes avec AFP

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Un soldat de l'armée du Niger (illustration).
Un soldat de l'armée du Niger (illustration). — REBECCA BLACKWELL/AP/SIPA

Des soldats du Niger engagés dans la lutte contre les djihadistes sont « responsables d’exécutions sommaires » de dizaines de civils dans la région de Tillabéri (ouest), a indiqué vendredi à l’AFP Abdoulaye Seydou, responsable d’une ONG ayant participé à une enquête de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH).

« Il y a bel et bien eu lieu des exécutions de personnes civiles non armées et la mission a découvert au moins 71 personnes qui ont été tuées dans six fosses communes », a-t-il affirmé. « Ce sont des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS) qui sont responsables de ces exécutions sommaires et extrajudiciaires. » « Il y a eu utilisation d’armes blanches et d’armes à feu légères », a ajouté le président du Réseau panafricain pour la paix, la démocratie et le développement (REPPA).

Toutefois, « nous ne disposons pas d’indices ou d’éléments pouvant établir la responsabilité de l’armée en tant qu’institution et de la hiérarchie militaire », a-t-il noté.

Mains attachées dans le dos

« Plus de 70 témoins divers ont été auditionnés », a-t-il souligné. L’enquête qui s’est déroulée « sur une période de trois mois du 20 mai au 6 juillet 2020 » a été menée après « des allégations de disparitions de 102 personnes », selon la CNDH.

« (Dans) l’ensemble des six fosses communes, dont on a procédé à l’exhumation, les corps avaient tous les mains attachées dans le dos, le turban sur le cou avec des impacts de balles. Les rapports du médecin légiste sont là », a déclaré à la presse, Alichina Amadou Koulguéni, secrétaire général de la Commission nationale des droits de l’Homme.

La CNDH est un organe public composé de représentants du gouvernement, du Parlement, d’ONG, de syndicats et de juristes. Une des fosses contient « au moins une trentaine de corps » dont certains présentent « des stigmates de violences, multiples fractures des bras, avant-bras et crâne », a décrit Amadou Koulguéni.