Tensions en Méditerranée : Grèce et Turquie se déchirent à nouveau après une médiation de l'OTAN

MONDE Jeudi soir, Athènes avait démenti des discussions avec Ankara sur une désescalade en Méditerranée orientale

20 Minutes avec AFP

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Exercices militaires franco-grecs en méditerranée orientale le 13 août 2020.
Exercices militaires franco-grecs en méditerranée orientale le 13 août 2020. — /AP/SIPA

Les tensions continuent de monter entre Ankara et Athènes. La Turquie a accusé vendredi la Grèce de refuser le dialogue et de mentir. Cette sortie arrive après que le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a déclaré que des pourparlers négociés par l’Otan pour réduire les tensions en Méditerranée orientale ne pourraient avoir lieu que si Ankara cessait ses « menaces ».

« La Grèce a montré une fois de plus qu’elle n’était pas en faveur du dialogue », a déclaré vendredi à la presse le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. Jeudi soir, Athènes avait démenti des discussions avec Ankara sur une désescalade en Méditerranée orientale, après un tweet du secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg.

« Aucun accord n’a été trouvé, mais les discussions ont commencé »

Selon ce dernier, la Grèce et la Turquie, membres de l’Alliance, étaient convenus « d’entamer des pourparlers techniques à l’Otan », avec pour objectif de prévenir tout nouvel incident en Méditerranée orientale, où un bateau sismique turc accompagné de navires de guerre se trouve dans les eaux grecques depuis le 10 août.

Le gouvernement grec a averti jeudi que « la désescalade n'(aurait) lieu qu’avec le retrait immédiat de tous les navires turcs du plateau continental grec. » Jens Stoltenberg est revenu sur ses propos vendredi en conférence de presse : « Aucun accord n’a été trouvé, mais les discussions ont commencé ».

« Laissons de côté les menaces, afin que des contacts puissent s’établir »

« Le but de ces discussions est d’établir des mécanismes de désescalade militaire afin de réduire les risques d’incidents et d’accidents en Méditerranée orientale », a-t-il ajouté. La Turquie doit au préalable cesser ses « menaces » contre la Grèce, a affirmé pour sa part le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. « Laissons de côté les menaces, afin que des contacts puissent s’établir », a-t-il estimé à l’occasion d’une visite à Athènes d’un haut responsable du Parti communiste chinois.

A Ankara, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, soutient que la Grèce avait accepté la proposition de pourparlers lorsque celle-ci avait été faite. « Celui qui ment ici n’est pas le secrétaire général de l’Otan, c’est la Grèce elle-même », a-t-il déclaré à la presse. Vendredi, les médias grecs rapportaient que Jens Stoltenberg avait remis un « document d’une page » exposant ses idées aux représentants militaires des deux pays « lors d’une réunion de cinq minutes » et que ce document avait été transmis à Athènes pour délibération.