Huitième jour d'offensive à Gaza: Le Hamas affirme avoir repoussé une incursion israélienne

PROCHE-ORIENT Les bombardements se poursuivaient ce samedi matin, le bilan s'élève à 435 morts côté palestinien...

C. F. avec agence

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La branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas a affirmé avoir repoussé samedi une incursion menée par des membres des forces spéciales israéliennes qui tentaient de franchir la frontière avec la bande de Gaza.
La branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas a affirmé avoir repoussé samedi une incursion menée par des membres des forces spéciales israéliennes qui tentaient de franchir la frontière avec la bande de Gaza. — Menahem Kahana AFP

Alors que l'opération israélienne contre le Hamas déclenchée le 27 décembre entrait dans sa deuxième semaine ce samedi, le mouvement islamiste a affirmé avoir repoussé une incursion menée par des membres des forces spéciales israéliennes qui tentaient de franchir la frontière.

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Un autre porte-parole de l’armée israélienne a aussitôt démenti, ajoutant qu'aucun soldat n'avait pénétré dans la bande de Gaza depuis le début des raids aériens.

Le bilan humain s’alourdit

Dans une rare intervention depuis le début du conflit, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a assuré, sur la télévision Al-Jazira, que son mouvement «ne capitulerait pas» et prévenu qu'un «sombre destin» attendait Israël s'il mettait le pied à Gaza.

Le bilan humain s’alourdit de jour en jour. Au moins 435 Palestiniens ont été tués, dont 75 enfants et 21 femmes, au cours de plus de 700 raids contre le Hamas à Gaza, selon des sources médicales palestiniennes et militaires israéliennes. Dans la nuit de vendredi à samedi, un second commandant de haut rang de la branche armée du Hamas, Abou Zakaria al Djamal, a été tué dans une frappe aérienne israélienne, a annoncé le mouvement islamiste.

500 roquettes tirées depuis Gaza

Dans le même temps, quelque 500 roquettes palestiniennes tirées de la bande de Gaza ont fait depuis le 27 décembre quatre morts en Israel, dont un soldat, et une douzaine de blessés, selon un bilan de l'armée et la police israéliennes.

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert, les ministres des Affaires étrangères Tzipi Livni et de la Défense Ehud Barak, ont tenu vendredi des consultations à Tel-Aviv sur la suite à donner à l'offensive à Gaza, où une opération terrestre semble de plus en plus imminente.

L'Egypte, rare pays de la région à reconnaître l'Etat hébreu, a annoncé avoir adressé une lettre à Israël lui demandant de renoncer à une telle opération.

Bush exhorte à faire pression sur le Hamas

A Washington, le président George W. Bush, dans des premières déclarations sur la crise, a exhorté tous ceux qui le peuvent à faire pression sur le Hamas pour que l'organisation cesse ses tirs sur Israël et permette un cessez-le-feu qui «signifie quelque chose».

Dans le même temps, son administration a dit laisser le grand allié israélien libre de décider de lancer ou non une offensive terrestre qui paraît de plus en plus imminente dans la bande de Gaza, malgré les inquiétudes que suscite une telle perspective. La seule restriction qu'elle ait exprimée publiquement, c'est qu'Israël veille à éviter les victimes civiles.

Une situation alimentaire «épouvantable»

Des milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi en Cisjordanie contre l'offensive israélienne à Gaza à l'appel notamment du Hamas, qui avait proclamé vendredi «journée de la colère» (>> pour lire notre reportage, cliquez ici), après la mort jeudi d'un de ses leaders, Nizar Rayan, dans un raid aérien qui a aussi coûté la vie à ses quatre épouses et à 11 de ses enfants. Vendredi également, trois enfants d'une même famille et un adulte ont été tués et quatre autres blessés.

Par ailleurs, le Programme alimentaire mondial (PAM) a dénoncé depuis Rome une situation alimentaire «épouvantable» à Gaza, alors que Tzipi Livni a affirmé qu'il n'y avait pas de crise humanitaire.