Caricatures de Mahomet: L'Iran condamne une «provocation» envers les musulmans

ISLAM Pour marquer l’ouverture du procès des attentats contre Charlie Hebdo, l’hebdomadaire satirique a remis en une les caricatures du prophète Mahomet. S’attirant ainsi les foudres de Téhéran

20 Minutes avec AFP

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A la veille du procès des attentats de janvier 2015, «Charlie Hebdo» a décidé de republier les caricatures de Mahomet qui en avaient fait une cible des djihadistes.
A la veille du procès des attentats de janvier 2015, «Charlie Hebdo» a décidé de republier les caricatures de Mahomet qui en avaient fait une cible des djihadistes. — Charlie Hebdo

La République islamique d'Iran a condamné la réédition des caricatures de Mahomet par le journal satirique français Charlie Hebdo. «L'acte offensant de la publication française (...), est une provocation», écrit le ministère iranien des Affaires étrangères,dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi.

L'Iran y voit aussi «une insulte aux valeurs islamiques et à la foi de plus d'un milliard de musulmans dans le monde», selon le communiqué. Ridiculiser ou insulter Mahomet, le prophète de l'Islam, est passible de la peine de mort en Iran.

Une réédition des caricatures pour marquer l’ouverture du procès

Le procès des attentats jihadistes contre Charlie Hebdo, des policiers et une supérette juive en janvier 2015, s'est ouvert mercredi à Paris. Les attentats ont fait 17 morts en trois jours.

Pour marquer l'ouverture de ce procès, Charlie Hebdo a remis en une les caricatures du prophète Mahomet, qui avaient fait de l'hebdomadaire satirique une cible des jihadistes.

L'Iran avait condamné en janvier 2015 l'attentat contre Charlie Hebdo, jugeant toutefois que ces dessins étaient une «insulte» envers les musulmans et avait dénoncé un «abus» de la liberté d'expression.

« Absolument inacceptables » pour Téhéran

«Toute insulte ou manque de respect envers le saint prophète de l'Islam (...) et les autres prophètes divins [les figures sacrées du judaïsme et du christianisme reconnus comme prophètes par l'islam, NDLR] sont absolument inacceptables», ajoute le communiqué.

Le ministère a aussi appelé à utiliser la liberté d'expression «de manière constructive pour la coexistence pacifique de l'humanité» et «pour une meilleure compréhension entre les religions».

L'Iran figure à la 173e place (sur 180 pays) dans la dernière édition du classement mondial de la liberté de la presse établi par l'ONG Reporters sans frontières (RSF).