Coronavirus : Non, Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix, ne remet pas en cause l’existence du virus

FAKE OFF Dans un message devenu viral sur les réseaux sociaux, le médecin révélerait des raisons complotistes à son départ d’instances de lutte contre le Covid-19 en République démocratique du Congo. Ces déclarations sont fausses

Paul-Guillaume Ipo
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Le Prix Nobel de la Paix congolais Denis Mukwege.
Le Prix Nobel de la Paix congolais Denis Mukwege. — Behrouz MEHRI / AFP
  • Denis Mukwege, gynécologue congolais et Prix Nobel de la paix 2018, n’a pas démissionné de l’équipe de riposte contre le coronavirus dans une province du Congo à cause de manipulations des chiffres.
  • Des déclarations falsifiées lui sont attribuées et sont devenues virales sur les réseaux.
  • Le Prix Nobel de la paix avait pourtant donné les réelles raisons de son départ.

Un médecin de renom qui quitte une instance de lutte contre le coronavirus en émettant des doutes sur l’épidémie ? Voilà de quoi provoquer un choc sur les réseaux sociaux. Denis Mukwege a bien démissionné de ses fonctions au sein de l’équipe de riposte contre le coronavirus montée dans la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo. Sauf que les justifications attribuées au docteur de 65 ans et diffusées sur Facebook sont complètement fausses.

Dans un post Facebook partagé 1.300 fois, datant du 14 juin dernier, un internaute a relayé une déclaration falsifiée du Prix Nobel de la paix 2018. Selon le message, ce dernier aurait quitté la commission pour ne pas entacher sa réputation. On lui aurait ordonné de déclarer tous les décès comme étant liés au coronavirus contre de l’argent, alors même qu’aucun test ne se serait révélé positif.

La publication est devenue virale sur les réseaux.
La publication est devenue virale sur les réseaux. - Capture d'écran Facebook

FAKE OFF

La rumeur avait été lancée sur Facebook le 11 juin par une page suivie par près de 50.000 personnes, après que le Docteur Mukwege a annoncé son choix de quitter l’instance. Le message mensonger originel a depuis été supprimé.

Dans un tweet, celui qui lutte depuis des décennies contre le viol commis comme arme de guerre, a rappelé que « les déclarations ou communiqués postés en [son] nom ne figurant pas sur [ses] réseaux sociaux » étaient des faux.

Le 10 juin, Il avait annoncé sa décision, dans un communiqué, de démissionner des deux commissions mises en place pour lutter contre le Covid-19 dans la région du Sud-Kivu auxquelles il participait. Il y avait donné les réelles raisons de son choix. Ces dernières n’avaient aucun rapport avec celles mises en avant dans les déclarations erronées qui lui ont été attribuées.

Le gynécologue y déplore notamment « l’impossibilité de disposer » dans la province concernée de tests PCR pour diagnostiquer les habitants. L’homme pointe aussi « des faiblesses organisationnelles et de cohérence entre les différentes équipes responsables de la riposte à la pandémie dans le Sud-Kivu ».