Affaire Navalny : Le Kremlin ne voit « aucune raison » d’accuser l’Etat russe de son empoisonnement

DIPLOMATIE L’affaire de l’empoisonnement de l’opposant Navalny fait redouter aux Russes de nouvelles sanctions économiques

20 Minutes avec AFP

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Le président russe Vladimir Poutine le 1er septembre au Kremlin.
Le président russe Vladimir Poutine le 1er septembre au Kremlin. — Mikhail Klimentyev/AP/SIPA

Le bras de fer entre la Russie et l'Allemagne sur l’affaire Navalny ne fait que commencer. Après l’annonce mercredi par le gouvernement allemand que les examens médicaux pratiqués sur Alexeï Navalny apportaient la « preuve sans équivoque » que l’opposant russe avait été victime d’un empoisonnement « par un agent neurotoxique de type Novitchok », on attendait la réponse de Moscou. La chancelière allemande Angela Merkel a d’ailleurs pressé Moscou de s’expliquer.

Le Kremlin a affirmé ce jeudi ne voir « aucune raison » d’accuser l’Etat russe d’être à l’origine de l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny et a appelé les occidentaux à se garder de tout « jugement hâtif ». Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a ajouté que Moscou était prêt au « dialogue » avec Berlin et les Européens dans cette affaire.

Des conséquences économiques ?

L’économie russe s’est réveillée jeudi sous le choc, après la confirmation par l’Allemagne de l’empoisonnement de l’opposant Navalny, qui éveille la crainte de nouvelles sanctions à l’encontre de Moscou.

Le rouble a plongé dès mercredi soir à son plus bas niveau depuis l’apogée de la pandémie de coronavirus au printemps, et s’échangeait jeudi matin à 89 roubles pour un euro et 75,4 roubles le dollar. Le rouble a perdu plus de 20 % de sa valeur face à l’euro et au dollar depuis le début de l’année, plombé par le coronavirus et la crise pétrolière.

Crise économique et financière

La Bourse de Moscou a également chuté dès l’annonce allemande, l’indice RTS, libellé en dollars, chutant de plus de 3 % à la clôture mercredi. Jeudi matin, le marché financier russe n’avait pas rattrapé les pertes de la veille.

Les marchés et les analystes politiques craignent de nouvelles sanctions occidentales contre la Russie, venant s’ajouter à celles imposées à Moscou depuis l’annexion de la Crimée en 2014, qui ont contribué à plonger la Russie dans une crise économique et financière en 2015-2016. Pour les Russes, cela pourrait également avoir des conséquences sur les prix à la consommation.