Washington: Neuf musulmans débarqués d'un vol après des soupçons de voyageurs

ETATS-UNIS Ils «discutaient de certains aspects de la sécurité de l'aéroport», s'interrogeant notamment sur la place la plus sûre à bord d'un avion...

Avec agence

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Les étrangers arrivant à l'aéroport international de Washington à partir de jeudi devront fournir leurs dix empreintes digitales, une mesure qui s'étendra à chaque poste-frontière d'ici à fin 2008, a-t-on appris mardi auprès du ministère de la Sécurité intérieure.
Les étrangers arrivant à l'aéroport international de Washington à partir de jeudi devront fournir leurs dix empreintes digitales, une mesure qui s'étendra à chaque poste-frontière d'ici à fin 2008, a-t-on appris mardi auprès du ministère de la Sécurité intérieure. — Paul J. Richards AFP/Archives

«Qu'est-ce qu'elle a ma gueule?» Neuf musulmans, dont huit ayant la nationalité américaine, ont été contraints de débarquer d'un avion aux Etats-Unis, après la plainte de deux passagers qui ont dit les avoir entendus tenir des propos menaçant la sécurité, ont rapporté deux d'entre eux.
 
Le groupe, parmi lequel figurent trois enfants, se trouvait à l'aéroport de Washington à bord d'un vol de la compagnie à bas coûts AirTran à destination d'Orlando en Floride (sud-est), où ils devaient faire une retraite religieuse, lorsqu'ils ont dû descendre de l'avion. Ils ont finalement reçu l'aval de la police fédérale (FBI) et ont pu reprendre leur voyage, mais bien que le FBI et la compagnie aient qualifié l'incident de «malentendu», AirTran a refusé de les placer sur un nouveau vol, et ils ont poursuivi leur parcours avec une autre compagnie aérienne, ont raconté deux des passagers débarqués, Kashif et Atif Irfan.
 
Un «malentendu» pour la compagnie aérienne
 
Kashif Irfan, 34 ans, a indiqué au quotidien Washington Post que son jeune frère Atif et sa femme «discutaient de certains aspects de la sécurité de l'aéroport», s'interrogeant notamment sur la place la plus sûre à bord d'un avion. «La seule chose que mon frère ait dite était: “oh, les réacteurs sont juste à côté de ma fenêtre”», a ajouté Kashif Irfan qui se trouvait également à bord avec sa femme, une belle-soeur, un ami, et ses trois fils de sept, quatre et deux ans. Selon lui, ils ont dû quitter l'avion à cause de leur apparence, les hommes portant la barbe et les femmes un foulard.
 
Un porte-parole d'AirTran, Tad Hutcheson, a défendu la compagnie en affirmant qu'«au bout du compte, des gens sont montés à bord et ont fait des réflexions qu'ils n'auraient pas dû faire dans un avion». «D'autres les ont entendus, les ont mal interprétés. Il se trouve que ces gens étaient de confession et d'apparence musulmane», a-t-il ajouté. «Cela s'est aggravé, est devenu incontrôlable, et tout le monde a pris des précautions», a poursuivi le porte-parole.