Violences policières aux Etats-Unis : Joe Biden rencontrera la famille de Jacob Blake à Kenosha jeudi

PRESIDENTIELLE Le candidat démocrate en profitera pour faire campagne dans le Wisconsin où Hillary Clinton s'était inclinée

P.B. avec AFP

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Joe Biden en campagne à Pittsburgh, le 1er septembre 2020.
Joe Biden en campagne à Pittsburgh, le 1er septembre 2020. — C.Kaster/AP/SIPA

Il ne veut plus laisser à Donald Trump le monopole du terrain. Joe Biden se rendra jeudi à Kenosha, ville meurtrie par des émeutes depuis que la police a grièvement blessé Jacob Blake, un Afro-américain touché de plusieurs balles dans le dos mi-août. L’équipe du candidat démocrate a annoncé dans la foulée qu'il rencontrerait la famille de Jacob Blake, au lendemain d’une visite controversée de Donald Trump.

L’ancien vice-président « mènera une réunion à Kenosha afin de rassembler les Américains pour panser leurs plaies et de répondre aux défis auxquels nous faisons face », a indiqué mercredi son équipe de campagne dans un communiqué. Son épouse Jill Biden sera aussi du voyage et fera avec lui une « étape locale » dans le Wisconsin, qui n’a pas encore été précisée.

Un pays sous tension

Le Wisconsin devrait jouer un rôle crucial lors de l’élection présidentielle du 3 novembre. Donald Trump avait créé la surprise en 2016 en le remportant de peu. Le président républicain a devancé Joe Biden en visitant dès mardi Kenosha, contre l’avis du maire et du gouverneur démocrates, qui craignaient un nouvel embrasement.

En martelant son mot d’ordre de campagne, rétablir « la loi et l’ordre », Donald Trump a inspecté les ruines de commerces brûlés, remercié la police et assimilé à du « terrorisme intérieur » les manifestations violentes qui ont secoué la ville, mais sans nommer Jacob Blake. Cet Afro-américain de 29 ans a été grièvement blessé de sept balles tirées vers lui à bout portant, devant ses enfants, pendant une interpellation le 23 août. Hospitalisé, il a la moitié inférieure du corps paralysée. L’affaire a ravivé la vague historique de colère contre le racisme et les brutalités policières aux Etats-Unis, trois mois après la mort de George Floyd.

Le Wisconsin, Etat crucial pour la présidentielle

Des manifestations ont dégénéré en émeutes à Kenosha, la tension culminant le 25 août quand un jeune homme de 17 ans a tiré au fusil semi-automatique, dans des circonstances floues, sur trois manifestants, faisant deux morts. Son arrestation le lendemain a ramené un calme précaire dans la petite ville côtière du lac Michigan.

La candidate démocrate Hillary Clinton avait été très critiquée pour n’avoir pas fait campagne dans le Wisconsin en 2016. Les démocrates avaient donc cette fois décidé d’organiser cet été leur convention d’investiture de Joe Biden dans sa plus grande ville, Milwaukee. Mais elle a finalement été rendue entièrement virtuelle à cause de la pandémie de coronavirus.

Avec le Michigan et le Minnesota, le Wisconsin fait partie de ces Etats ouvriers du nord des Etats-Unis où Joe Biden espère faire mieux qu’Hillary Clinton, notamment grâce à un meilleur score auprès de l’électorat blanc et aisé des suburbs. C’est notamment que cette raison que Donald Trump se pose en candidat de la loi et l’ordre face aux « émeutiers et aux anarchistes ». Selon un sondage de l’université Marquette, le soutien aux manifestations a fortement baissé entre juin et fin août, passant de 61 % d’opinions positives à seulement 48 %.