Cambodge : Douch, redoutable tortionnaire khmer rouge, est mort à 77 ans

GENOCIDE De 1975 à 1979, il dirigeait la prison centrale S-21 où quelque 15.000 personnes ont été torturées avant d’être exécutées

20 Minutes avec AFP

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Douch à Phnom Penh le 30 mars 2009 lors de l'ouverture de son procès pour ses crimes commis durant le régime des khmers rouges.
Douch à Phnom Penh le 30 mars 2009 lors de l'ouverture de son procès pour ses crimes commis durant le régime des khmers rouges. — Mak Remissa/AP/SIPA

Avec sa mort, c’est une terrible page de l’histoire du Cambodge qui se tourne. L’ancien tortionnaire « Douch », chef de la prison de Phnom Penh sous le régime des khmers rouges, où quelque 15.000 personnes ont été torturées avant d’être exécutées, est décédé mercredi à l’âge de 77 ans.

Une cambodgienne et son enfant en 2009 devant des photos de victimes de Douch sur le site de la prison S-21 à Phnom Penh.
Une cambodgienne et son enfant en 2009 devant des photos de victimes de Douch sur le site de la prison S-21 à Phnom Penh. - Heng Sinith/AP/SIPA

Né en 1942, Kaing Guek Eav, de son vrai nom, « est mort à l’hôpital », a déclaré Neth Pheaktra, porte-parole du tribunal cambodgien parrainé par l’ONU pour juger des crimes du régime ultramaoïste. « Il souffrait d’une maladie pulmonaire depuis plusieurs années », a précisé une source sous couvert d’anonymat.

Ancien professeur de mathématiques

L’ex-chef de Tuol Sleng (ou S-21), la prison centrale de la capitale entre 1975 et 1979, a été le premier khmer rouge condamné par un tribunal pour crimes de guerre. En 2010, en première instance, une peine de trente ans de prison avait été prononcée à son encontre. Puis, deux ans plus tard, en appel, il avait été condamné à la perpétuité.

Après des années passées à se cacher, l’ex-professeur de mathématiques avait été retrouvé en 1999 par un photographe irlandais alors qu’il travaillait pour une organisation non gouvernementale chrétienne. Devant ses juges, lors du premier procès, il avait longuement expliqué la signification des tombereaux de documents découverts dans la prison à la chute du régime, et le processus au cours duquel les suppliciés étaient ensuite emmenés sur un site d’exécution à quelques kilomètres de là. Mais l’accusé avait ensuite abandonné cette stratégie d’aveux et de coopération avec la justice, congédié son avocat français et réclamé sa libération en se qualifiant de simple secrétaire du régime.