Duel fratricide au sommet de l’Etat

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Ce sont « des amis de trente ans » qui se présentent, aujourd’hui, l’un contre l’autre en Algérie, pour la troisième présidentielle pluraliste du pays depuis son accession à l’indépendance en 1962. Officiellement, ils sont six candidats à la magistrature suprême. En réalité, la campagne a tourné au combat fratricide entre le président sortant, Abdelaziz Bouteflika, et son ex-Premier ministre, Ali Benflis. Une lutte sans merci, au cours de laquelle Benflis a dénoncé les « dérives monarchiques » de Bouteflika. De son côté, le Président-candidat a vanté ses « réussites », notamment sa politique de réconciliation nationale avec les islamistes, passant sous silence le blocage des réformes économiques et sociales. Autre caractéristique, cette élection ne semble pas totalement jouée d’avance. Et elle suscite chez les Algériens l’espoir d’un scrutin « transparent et honnête » promis par les autorités. Tout a été mis en place pour cela : l’armée, qui a fait et défait les présidents depuis l’indépendance, a promis de rester « neutre » ! Et la loi électorale a été amendée. Les candidats peuvent désormais surveiller les bureaux de vote et obtenir les procès-verbaux de dépouillement. La campagne a cependant connu de lourdes pressions. Ainsi, Bouteflika n’a pas hésité à manipuler la justice pour interdire à Benflis d’utiliser le logo du Front de libération nationale (FLN). Le parti historique a pourtant dans sa grande majorité rallié la candidature du challenger. Mais quel que soit le vainqueur, ce soir au premier tour, ou dans quinze jours au second, il lui faudra répondre aux attentes d’une population dont plus des deux tiers a moins de 35 ans.

les chiffres 1962 L’Algérie, colonie française, accède à l’indépendance. 32 millions d’habitants, avec une espérance de vie de 71 ans. 70 % de la population a moins de 35 ans. 30 % de la population active est au chômage. Cependant, le marché noir est très développé. 90 % des recettes d’exportation viennent des hydrocarbures. 6,3 % du produit intérieur brut. C’est ce que représentent les dépenses militaires, contre 2,6 % en France.