Coronavirus : Non, l’Australie ne prévoit pas (encore) de sanctions pour ceux qui refuseront le vaccin anti-Covid

FAKE OFF Les Australiens refusant de recevoir un futur vaccin contre le Covid-19 pourraient se voir interdire de fréquenter les transports en commun ou les restaurants, selon un mème viral. Le gouvernement australien n’a pas encore annoncé de telles mesures

Mathilde Cousin

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Un adepte de la course à pied passe devant le Sydney Opera House, le 6 août.
Un adepte de la course à pied passe devant le Sydney Opera House, le 6 août. — CHINE NOUVELLE/SIPA
  • Emprunter les transports en commun, voyager à l’étranger ou même envoyer son enfant à l’école, bientôt interdits à ceux qui n’accepteront pas de se faire vacciner contre le Covid-19 en Australie ? C’est l’affirmation qui se répand sur les réseaux sociaux, à travers un mème.
  • Le Premier ministre australien a évoqué des « mesures » pour faire accepter le vaccin par la population, sans les dévoiler.
  • Il a assuré que le vaccin ne sera pas obligatoire.

Les Australiens qui refuseront de se faire vacciner contre le Covid-19 encourent-ils une longue série de sanctions ? La crainte s’est répandue sur les réseaux sociaux, à travers un mème qui liste ces mesures : interdiction de voyager à l’étranger, de se rendre au restaurant, d’emprunter les transports en communs ou encore de percevoir certaines allocations. Les enfants ne pourraient pas non plus se rendre à l’école.

Ce mème circule sur les réseaux sociaux.
Ce mème circule sur les réseaux sociaux. - Capture d'écran Facebook

FAKE OFF

A l’heure actuelle, la vaccination contre le Covid-19 n’est pas obligatoire en Australie. Le Premier ministre australien, Scott Morrison, s’était prononcé en faveur de ce caractère obligatoire, avant de revenir sur sa position. « Il n’y aura pas de vaccin obligatoire », a-t-il expliqué au micro de la radio 2GB le 19 août, avant d’ajouter qu’il y aura « beaucoup d’encouragements et de mesures pour obtenir un taux d’acceptation [du vaccin] aussi élevé » que pour les autres vaccins. Mesures qu’il n’a pas encore détaillées.

« La première étape ne sera jamais le bâton »

Interrogé le 19 août sur de possibles sanctions, le docteur Nick Coatsworth, membre de l'équipe d'experts réunie par le gouvernement australien pour lutter contre le Covid-19, s’est montré prudent. « La première étape ne sera jamais le bâton », a-t-il lancé. Il a déclaré « anticiper » une « demande importante » de la part de ses compatriotes pour le futur vaccin.

Concernant une possible interdiction de se rendre dans les restaurants, de voyager à l’étranger ou d’emprunter les transports en commun, ces « décisions politiques » seront « discutées », a assuré le médecin, avant d’ajouter qu’il n’existe pas, pour le moment, « de mécanisme pour faire appliquer ce genre de choses ».

Un programme, instauré en 2015, prévoit des pénalités

Nick Coatsworth a toutefois évoqué un possible « bâton d’incitation » à la vaccination, qui passerait par « le biais des programmes actuels, y compris No Jab, No Pay ». Ce « no jab, no pay » (« pas de piqûre, pas de paiement ») est un programme, instauré dans sa version actuelle en 2015 par Scott Morrison, qui prévoit de suspendre ou réduire des versements d’allocations si l’enfant n’a pas reçu une liste de vaccins. Dans certains Etats, les enfants non vaccinés ne peuvent pas accéder à la crèche ou à l’école maternelle.

L’Australie déplore au 2 septembre 657 morts du Covid-19 et 25,819 cas confirmés. Le pays a signé une « lettre d’intention » le 19 août avec le groupe pharmaceutique AstraZeneca, pour fabriquer le vaccin sur son territoire et le distribuer gratuitement à 25 millions d’Australiens, « dans le cas où les essais cliniques sont fructueux », a précisé Scott Morrison.