Accusé par Joe Biden « d’attiser » les violences, Donald Trump attendu mardi à Kenosha

ETATS-UNIS Le président américain ne devrait pas rencontrer la famille de Jacob Blake, un Afro-Américain grièvement blessé par la police

20 Minutes avec AFP
— 
Joe Biden en campagne en Pennsylvanie, le 31 août 2020.
Joe Biden en campagne en Pennsylvanie, le 31 août 2020. — Carolyn Kaster/AP/SIPA

A deux mois de la présidentielle du 3 novembre, ils se renvoient la balle. Mardi, Joe Biden a accusé Donald Trump « d’attiser les braises des violences » qui secouent plusieurs villes américaines. Attendu mardi à Kenosha, Donald Trump rejette la responsabilité des débordements sur la « faiblesse » des maires et gouverneurs démocrates, qui refusent, selon lui, de demander l’aide de la garde nationale. Dans le Wisconsin, il devrait rencontrer des policiers mais pas la famille de Jacob Blake, grièvement blessé par les forces de l’ordre il y a dix jours.

Sous pression alors que Donald Trump se pose en candidat de « la loi et l’ordre » face aux débordements, Joe Biden a pris soin de condamner, une nouvelle fois, les violences depuis la Pennsylvanie, où il a repris une campagne de terrain. « Piller, ce n’est pas manifester. Mettre le feu, ce n’est pas manifester », a-t-il dit. « C’est de l’anarchie, un point c’est tout. »

« Fomenté la violence »

Il a réaffirmé que le président républicain n’était « pas parvenu à protéger l’Amérique », qui fait face à la pandémie de Covid-19 avec plus de 180.000 morts, à la crise économique qui en découle, et à cette profonde vague antiraciste. « Alors maintenant, il tente d’effrayer l’Amérique », a dit Joe Biden, qui devance Donald Trump dans les sondages. Donald Trump « pense peut-être que déblatérer les mots law et order le rend fort, mais son échec à appeler ses propres partisans à arrêter d’agir comme une milice armée dans ce pays montre à quel point il est faible », a déclaré Joe Biden. Le président républicain « attise les braises », a poursuivi l’ancien vice-président de Barack Obama, l’accusant d’être une « présence toxique » à la Maison Blanche et d’avoir « empoisonné les valeurs » de l’Amérique. « Il ne peut pas arrêter la violence car pendant des années il l’a fomentée », a-t-il asséné.

A neuf semaines de l’élection présidentielle du 3 novembre, c’est à qui parviendra à rejeter la responsabilité de l’embrasement sur l’autre. Aux Etats-Unis, les images spectaculaires du mouvement historique de colère contre le racisme, qui dégénère parfois en émeutes, tournent en boucle. Tout comme celles d’un adolescent armé, partisan du président, accusé d’avoir tué deux personnes la semaine dernière dans le Wisconsin, ou celles d’un convoi de militants pro-Trump défilant samedi dans le bastion progressiste de Portland, où l’un d’eux a été tué par balle. Un cocktail explosif dans un pays profondément divisé politiquement, où le droit de porter des armes est inscrit dans la Constitution.

Trump à Kenosha mardi

Donald Trump a accusé son adversaire démocrate d’avoir « le même programme » que « les émeutiers violents » et « d’utiliser les arguments de la mafia : la meute vous laissera tranquille si vous lui donnez ce qu’elle veut ». Le milliardaire républicain devrait marteler ce discours mardi à Kenosha, où un Afro-Américain, Jacob Blake, a été grièvement blessé le 23 août par des tirs d’un policier, déclenchant la nouvelle vague de protestation. Deux manifestants antiracistes ont été tués par un militant pro-Trump lors d’affrontements dans cette ville du Wisconsin.

Le président sortant entend y rendre hommage aux forces de l’ordre. « Nous devons redonner à nos policiers leur dignité, du respect », a-t-il plaidé. « Parfois il y a de mauvais policiers », « mais d’autres fois ils prennent seulement de mauvaises décisions », « ils craquent », a-t-il ajouté, en semblant relativiser, sinon excuser, les bavures. En revanche, Donald Trump a confirmé qu’il ne rencontrerait pas la famille de Jacob Blake, expliquant qu’il avait refusé d’avoir affaire à leurs avocats. « J’ai parlé avec le pasteur de la famille », « un homme magnifique », s’est-il borné à dire. Et à ceux qui redoutent que sa visite mette de l’huile sur le feu, il a répondu : « Cela peut aussi apporter de l’enthousiasme », « de l’amour et du respect pour notre pays ».