Haïti : Le pays sous le choc après l’assassinat du bâtonnier du barreau de Port-au-Prince

VIOLENCES Le président Jovenel Moïse a décrété un deuil national de trois jours à compter de lundi 31 août

20 Minutes avec AFP

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Un policier haïtien, à Port-au-Prince le 6 juillet 2020.
Un policier haïtien, à Port-au-Prince le 6 juillet 2020. — Jean Marc Herve Abelard/E/SIPA

Les Haïtiens sont sous le choc après l’assassinat du bâtonnier du barreau de Port-au-Prince dans la nuit de vendredi à samedi. La mort de Me Monferrier Dorval met encore plus en lumière la recrudescence de l’insécurité qui gangrène le pays. Le symbole est si fort que les autorités ont été contraintes de sortir de leur réserve et d’annoncer des prochaines mesures.

« Ce crime ne restera pas impuni »

« L’assassinat de Me Dorval attriste toute la République. Un homme de grande culture. Une grande perte pour le pays. J’adresse aux membres de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince et à ses proches, mes plus sincères condoléances. Ce crime, comme tant d’autres, ne restera pas impuni », a réagi samedi matin le président haïtien, Jovenel Moïse. L’après-midi, le chef de l’Etat a décrété un deuil national de trois jours à compter de lundi 31 août, durant lesquels les drapeaux seront en berne et les stations de radios invitées à jouer des musiques de circonstance.

Selon les premières indications de la police nationale haïtienne (PNH), Me Monferrier Dorval a été tué par balle à son arrivée à son domicile, sur les hauteurs de la capitale. « Il semble qu’il ait été tué alors qu’il allait fermer sa barrière », a déclaré le porte-parole adjoint de la PNH. « Nous ne pouvons pas encore dire combien il y avait d’assaillants ni quels véhicules ils avaient ». La photo du corps de l’avocat ensanglanté, criblé de balles, a rapidement circulé via les réseaux sociaux en Haïti, suscitant la colère et l’indignation des citoyens.

La loi des gangs

La recrudescence de l’insécurité et l’impunité sont dénoncées depuis plusieurs mois par différentes organisations de la société civile et de défense des droits humains. Jeudi, un homme d’affaires a été tué par balle dans son véhicule au cœur de la capitale à la mi-journée sans que les auteurs de l’attaque ne puissent être identifiés ou arrêtés. Entre janvier et juin 2020, le bureau des Nations unies en Haïti a relevé qu’au moins 159 personnes avaient été tuées et 92 autres blessées en raison de la violence liée aux gangs.

Fin juin et début juillet, deux manifestations pacifiques organisées dans la capitale pour dénoncer ce climat d’insécurité avaient été réprimées avec force par la police. Des membres de gangs avaient ensuite défilé dans les rues du centre-ville de Port-au-Prince, exhibant leurs armes et tirant régulièrement en l’air. Aucune unité de police n’était alors intervenue pour interrompre cette marche, retransmise en direct sur les réseaux sociaux par certains participants.