Inde : La police de New Delhi accusée de « graves violations des droits de l’Homme » par l’ONG Amnesty

VIOLENCES Les faits remonteraient à février dernier, lorsque la capitale indienne a été le théâtre des pires affrontements depuis des décennies entre la majorité hindoue et la minorité musulmane

20 Minutes avec AFP

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La police de New Delhi en Inde (illustration).
La police de New Delhi en Inde (illustration). — Raj K Raj/Hindustan Times/Shutterstock/SIPA

L’ONG Amnesty International a accusé ce vendredi la police de New Delhi d’avoir commis en février de « graves violations des droits de l’Homme » lors d’émeutes opposant hindous et musulmans dans la capitale indienne. « Participantes actives » dans ces affrontements, les forces de l’ordre se seraient livrées à « des violences avec les émeutiers », selon le texte publié en anglais sur le site d’Amnesty.

Accusation de torture

Leur sont également reprochés des actes de « torture en garde à vue », l’usage d’une « force excessive » envers les manifestants, le démantèlement de « lieux de protestation pacifique » et leur passivité alors que certains émeutiers « semaient le chaos ».

En février, New Delhi a été le théâtre pendant plusieurs jours des pires affrontements depuis des décennies entre la majorité hindoue et la minorité musulmane.

Des heurts entre partisans et opposants d’une loi controversée sur la citoyenneté, jugée discriminatoire envers les musulmans par ses détracteurs, ont dégénéré en affrontements communautaires. Les émeutes ont causé la mort d’une cinquantaine de personnes, principalement musulmanes, et des centaines d’autres ont été blessées.

Une cinquantaine de témoignages

Pour étayer ses accusations, Amnesty affirme avoir échangé avec 50 personnes, parmi lesquelles des participants, des témoins, des médecins ou encore des officiers de police à la retraite. Plusieurs vidéos amateur ont également été analysées, dont une qui montre des policiers « donner des coups de pied et frapper un groupe de cinq personnes blessées ». Les forces de l’ordre pointent ensuite des fusils vers eux, en leur demandant de chanter l’hymne national indien.

Toujours selon Amnesty, qui déplore une « impunité garantie par l’Etat », aucune enquête n’a été lancée sur le comportement de la police pendant les émeutes.

Contactés par l’AFP, la police de Delhi et le ministère de l’Intérieur n’étaient pas immédiatement disponibles pour réagir aux allégations de l’ONG.