Irak : La ministre des Armées, Florence Parly, en visite de soutien aux autorités de Bagdad

INFLUENCE La lutte contre l’Etat islamique, le respect de la souveraineté de l’Irak et les relations avec la Turquie seront au menu des discussions

20 Minutes avec AFP
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De violentes manifestations à Bassorah en Irak le 21 août 2020.
De violentes manifestations à Bassorah en Irak le 21 août 2020. — Nabil al-Jurani/AP/SIPA

Les ministres français se succèdent en Irak. L’objectif n’est autre que de montrer le soutien de la France au nouveau gouvernement irakien. Celui-ci en a particulièrement besoin, alors que le pays est en proie à une crise politique, économique et sanitaire. Mercredi soir, la ministre des Armées, Florence Parly, est donc arrivée à Bagdad quelque temps après la visite de Jean-Yves Le Drian.

Reprise des thèmes de Le Drian

Selon son cabinet, Florence Parly doit s’entretenir ce jeudi avec le commandant des forces de la coalition internationale antidjihadiste, le président Barham Saleh et le Premier ministre Moustafa al-Kazimi, en poste depuis mai. Elle déjeunera ensuite avec son homologue irakien, Jumaa Enad Al-Joubouri. Durant ces discussions, la ministre a prévu de reprendre les thèmes majeurs abordés six semaines plus tôt par le chef de la diplomatie française : la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) et le respect de la souveraineté de l’Irak, où Iraniens et Américains jouent des muscles.

Florence Parly devrait aussi évoquer avec ses interlocuteurs les « ingérences turques » sur le territoire irakien, en particulier les frappes aériennes contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, opposition kurde en Turquie) au Kurdistan irakien. « On est passé à un niveau d’entorse à la souveraineté irakienne qui est préoccupant », soulignait-on mercredi au ministère des Armées, réitérant « le plein soutien de la France à la souveraineté irakienne, dans le cadre d’un équilibrisme régional compliqué ».

Continuer la lutte contre Daech

En matière de lutte antiterroriste, Paris alerte régulièrement la communauté internationale sur le besoin de ne pas baisser la garde face à l’EI alors que les tensions américano-iraniennes du début de l’année et la crise sanitaire mondiale ont placé le sujet au second plan. « On détecte des éléments de réorganisation de Daesh dans la clandestinité qui n’était pas imprévue, mais qui est un vrai défi pour l’Irak », souligne le ministère.

Les dissensions au sein de la coalition, dont fait partie la France, ne cessent de s’exacerber. Les Européens notamment accusent Washington de mettre en danger la présence des troupes étrangères anti-EI en effectuant unilatéralement des raids contre des factions chiites favorables à l’Iran.