Gaza: Au troisième jour de combats, «une guerre sans merci»

PROCHE-ORIENT Les raids ont déjà fait plus de 345 morts. Des manifestations ont eu lieu dans le monde arabe où les manifestants clamaient «mort à Israël»...

MD avec agence

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Israël, engagé dans une "guerre sans merci" contre le Hamas, a attaqué lundi des cibles du mouvement islamiste pour la 3e journée consécutive dans la bande de Gaza où ses raids ont fait 345 morts dont 57 civils, alors que se profile la perspective d'attaques terrestres.
Israël, engagé dans une "guerre sans merci" contre le Hamas, a attaqué lundi des cibles du mouvement islamiste pour la 3e journée consécutive dans la bande de Gaza où ses raids ont fait 345 morts dont 57 civils, alors que se profile la perspective d'attaques terrestres. — Jack Guez AFP

Israël, engagé dans une «guerre sans merci» pour «faire tomber», le Hamas a attaqué lundi des cibles du mouvement islamiste pour la 3e journée consécutive dans la bande de Gaza. Les raids ont déjà fait 345 morts dont 57 civils, alors que se profile la perspective d'attaques terrestres. Douze Palestiniens ont été tués et 30 blessés dans deux raids aériens israéliens menés en début de soirée à Beit Lahya et Beit Hanoun, deux localités dans le nord du territoire. Deux Israéliens ont succombé à leurs blessures après des tirs de roquettes palestiniennes lundi soir sur Nahal Oz et Ashdod (sud). Il s'agit des 3e et 4e victimes du côté de l'Etat Hébreux.

Face à la montée des violences, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réuniront mardi à Paris en urgence pour évoquer la situation, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères.

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Faire tomber le régime du Hamas

La première attaque a visé la maison d'un activiste de la branche armée du Hamas et le second un véhicule dont l'identité des occupants n'était pas connue dans l'immédiat. Selon un porte-parole militaire, l'armée de l'air a également détruit un camion transportant des roquettes de type «Grad» dans le secteur de Jabaliya au nord de la bande de Gaza.

Au troisième jour de l'offensive, les dirigeants israéliens ont durci le ton. Le vice-Premier ministre Haïm Ramon, numéro 2 du gouvernement, a affirmé que «le but de l'opération est de faire tomber le régime du Hamas». Plus tôt, le ministre de la Défense Ehud Barak a estimé au Parlement que les Israéliens étaient «engagés dans une guerre sans merci contre le Hamas et ses alliés». «Après l'opération, il ne restera plus aucun bâtiment du Hamas debout à Gaza», a renchéri le chef d'état-major adjoint israélien, le général Dan Harel, dans des propos rapportés par les médias.

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Jusque-là, les dirigeants israéliens affirmaient que l'opération dite «plomb durci», d'une violence inédite depuis l'occupation des territoires palestiniens par Israël en 1967, visait à mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud du pays depuis la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas qui en a délogé en juin 2007 les forces fidèles au président palestinien Mahmoud Abbas.

Marquant clairement son soutien à son allié israélien, la Maison Blanche a affirmé comprendre qu'Israël «doive agir pour se défendre», faisant valoir que ce pays n'avait pas l'intention de reprendre le contrôle de la bande de Gaza.La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a de son côté discuté par téléphone avec le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et les dirigeants du monde pour tenter de restaurer un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, selon le département d'Etat.

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Le Hamas rejette les consultations

A Ramallah, Mahmoud Abbas a affirmé qu'il entendait «procéder à des consultations avec tous les partis palestiniens, y compris le Hamas, sur les évènements tragiques dans la bande de Gaza». Le Hamas a rejeté de telles consultations. Laissant planer la menace d'une offensive terrestre, Israël, qui a mobilisé 6.500 réservistes, a déployé lundi des renforts d'infanterie et de blindés à la lisière de la bande de Gaza.

L'armée israélienne a aussi décrété le secteur frontalier du territoire palestinien «zone militaire fermée», une mesure qui pourrait préluder à une attaque terrestre imminente. Par ailleurs, des heurts ont eu lieu en Cisjordanie entre forces de l'ordre israéliennes et des Palestiniens manifestant contre les attaques à Gaza, faisant une dizaine de blessés palestiniens légers. Des manifestations ont eu lieu dans le monde arabe notamment au Caire, à Beyrouth et Amman. A Téhéran, des milliers de personnes ont scandé «mort à Israël».