Le Président somalien démissionne

AFRIQUE Le pays est paralysé par une crise politique majeure depuis la guerre civile de 1991...

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Le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed a démissionné lundi pour avoir échoué à "ramener la paix" en Somalie, au terme d'une crise politique majeure qui a paralysé les institutions du pays, plongé dans les pires violences depuis le début de la guerre civile en 1991.
Le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed a démissionné lundi pour avoir échoué à "ramener la paix" en Somalie, au terme d'une crise politique majeure qui a paralysé les institutions du pays, plongé dans les pires violences depuis le début de la guerre civile en 1991. — Cris Bouroncle AFP/Archives

Abdullahi Yusuf Ahmed a fini par céder. Le président somalien, incapable de ramener la paix dans son pays, a démissionné ce lundi. Plongée dans les pires violences depuis le début de la guerre civile de 1991, la Somalie est paralysée par une crise politique et humanitaire sans précédent. Entre 300.000 et 500.000 personnes sont mortes depuis 1991, et plusieurs milliers depuis début 2007.

Un chef de clan, plus qu'un chef d'Etat


Elu à la présidence de la Somalie le 10 octobre 2004, Abdullahi Yusuf Ahmed a finalement démissionné sous les pressions nationales et internationales. Ce personnage clef de la vie politique somalienne n'est jamais parvenu à imposer son autorité sur ce pays, qu'il a plus dirigé en chef de clan qu'en chef d'Etat. «Une nouvelle page de l'histoire somalienne s'ouvre désormais», a réagi Ahmedou Ould-Abdallah, envoyé spécial de l'ONU pour la Somalie, en saluant la démission d'Abdullahi Yusuf Ahmed et en exhortant les parties somaliennes «à l'unité et à la solidarité».

Les côtes du pays sont devenues un point chaud de la piraterie mondiale. «J'avais promis de rendre le pouvoir si je ne pouvais pas ramener la paix, la stabilité ainsi que la démocratie en Somalie», a déclaré Abdullahi Yusuf Ahmed devant le Parlement à Baïdoa. «J'ai signé la lettre de démission et j'ai donné le pouvoir au président du Parlement», Aden Mohamed Nur, qui assure à compter de ce lundi la fonction de Président en exercice de Somalie, a-t-il ajouté. Le Parlement a 30 jours pour élire un nouveau Président.

Un nouveau départ conditionné par le retrait des troupes éthiopiennes

Le commissaire à la Paix et la Sécurité de l'Union africaine, Ramtane Lamamra, a déclaré «espérer que ce nouveau développement puisse aider à réunir les parties somaliennes (...), afin de mettre en place un gouvernement d'unité nationale et un Parlement élargi». Le chef de la branche radicale de l'opposition islamiste, cheikh Hassan Dahir Aweys, a jugé pour sa part que cette démission «ne représentait que 10% du problème somalien». «Yusuf n'était pas le seul obstacle à la paix. L'épicentre de l'infortune somalienne est la présence des troupes éthiopiennes sur notre sol», a-t-il déclaré ce lundi.

L'Ethiopie, intervenue officiellement fin 2006 en Somalie pour chasser les tribunaux islamiques, a annoncé le retrait total de son armée de Somalie d'ici à début 2009, faisant planer encore plus d'incertitudes sur l'avenir sécuritaire du pays.