Explosions à Beyrouth : Emmanuel Macron de retour au Liban ce lundi

COME BACK Lors de sa première visite, Emmanuel Macron avait exhorté les autorités libanaises à engager des réformes structurelles

J.-L.D. avec AFP

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Macron de retour au Liban à la rentrée
Macron de retour au Liban à la rentrée — Thibault Camus/AP/SIPA

Premier chef d’Etat à s’être rendu sur place après l’explosion qui a dévasté la capitale début août, Emmanuel Macron est attendu, ce lundi soir au Liban, pour une nouvelle visite, a confirmé ce mercredi l’Elysée.

Le président français doit arriver dans la capitale libanaise ce lundi soir avant une journée de mardi chargée qui sera consacrée au « suivi de l’aide à la reconstruction » et aux questions politiques alors que le Liban est en quête d’un nouveau gouvernement, a précisé la présidence. Le chef de l’Etat fait un pari risqué en misant sur une nouvelle ère politique dans ce pays.

Gouvernement en berne

Emmanuel Macron avait été  le premier dirigeant étranger à se rendre à Beyrouth, le 6 août, deux jours après la gigantesque explosion au port de plusieurs milliers de tonnes de nitrate d’ammonium qui a fait environ 180 morts et ravagé des quartiers entiers.

Les images de sa première visite, deux jours après la catastrophe qui a dévasté des quartiers entiers de Beyrouth, ont fait le tour du monde : le chef de l’Etat, acclamé par des habitants en colère contre leurs dirigeants, appelait à un « ordre politique nouveau » et à des réformes d’urgence pour conjurer les vieux démons libanais. Déambulant dans la capitale, sous les cris de « Vive la France », il promettait de revenir « faire un point d’étape » sur les progrès accomplis le 1er septembre, le jour même où sera commémoré le centenaire de la création du Grand-Liban, acte fondateur du Liban moderne, alors sous mandat français.

« Pas d’aide financière internationale sans réformes »

Il a ensuite coorganisé avec l’ONU une conférence internationale en visioconférence, le 9 août, dont les participants se sont engagés sur une aide de 250 millions d’euros, dont 30 millions de la part de la France. Lors de sa visite, Emmanuel Macron avait exhorté les autorités libanaises à engager des réformes structurelles pour pouvoir bénéficier de financements internationaux cruciaux pour une relance de l’économie, en plein effondrement depuis plusieurs mois.

Depuis, face à la colère de la rue, qui rend la classe politique responsable de l’explosion, le gouvernement de Hassan Diab a démissionné le 10 août.​ Mais la classe politique libanaise, dont les Libanais dénoncent à l’envi l’incurie et la corruption, semble restée sourde à ses injonctions et son mot d’ordre, « pas d’aide financière internationale sans réformes ».