Alexeï Navalny présente des traces d’empoisonnement selon l’Allemagne

ENQUETE L’opposant de 44 ans, d’abord hospitalisé en Russie, a finalement été transféré en Allemagne pour y être soigné

Manon Aublanc

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Une photo d'Alexei Navalny publiée sur son site le 29 juillet 2019.
Une photo d'Alexei Navalny publiée sur son site le 29 juillet 2019. — AFP

L’opposant russe Alexeï Navalny, désormais hospitalisé à Berlin en Allemagne, a été victime d’un empoisonnement, a annoncé le porte-parole du gouvernement, ce lundi. L’hôpital où il est soigné a lui aussi indiqué qu’il présentait « des traces d’empoisonnement » et que des séquelles du système nerveux à long terme n’étaient « pas exclues ».

L’opposant de 44 ans a été placé en réanimation à l’hôpital des urgences d’Omsk (Sibérie), jeudi dernier après s’être senti mal dans un avion. Son entourage avait immédiatement dénoncé un « empoisonnement intentionnel ». L’hôpital russe où a été admis l’opposant jeudi a donné son feu vert vendredi à son transport vers l’Allemagne, affirmant que son état était « stable », après s’y être initialement opposé.

Pas d’invitation formelle du gouvernement allemand

« Il s’agit d’un patient qui de manière assez probable a été victime d’une attaque au poison », a déclaré à la presse Steffen Seibert. « Le soupçon ne porte pas sur le fait que M. Navalny se soit empoisonné lui-même mais que quelqu’un a empoisonné M. Navalny et le gouvernement allemand prend ce soupçon très au sérieux », a fait valoir le gouvernement allemand. « Il n’y a pas eu d’invitation formelle (du gouvernement allemand) mais, pour des raisons humanitaires, M. Navalny a pu entrer rapidement dans le pays​ à la demande de sa famille », a dit Steffen Seibert.

Principal opposant au Kremlin, dont les publications dénonçant la corruption des élites russes sont abondamment partagées sur les réseaux sociaux, Alexeï Navalny, 44 ans, a été hospitalisé jeudi à Omsk, dans le coma, placé en réanimation et relié à un respirateur artificiel, après avoir fait un malaise dans un avion. Il a été ensuite évacué samedi matin vers Berlin dans un jet privé affrété par une ONG allemande.