Mike Pompeo à Jérusalem et dans plusieurs pays arabes à partir de lundi

INTERNATIONAL Mike Pompeo est attendu lundi à Jérusalem pour une tournée de cinq jours au Moyen-Orient rythmée sur la normalisation en cours entre Israël et les Emirats arabes unis

20 Minutes avec AFP

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Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, le 29 avril 2020.
Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, le 29 avril 2020. — Nicholas Kamm/AP/SIPA

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo est attendu lundi à Jérusalem pour une tournée de cinq jours au Moyen-Orient rythmée sur la normalisation en cours entre Israël et les Emirats arabes unis, voire sa possible extension à d’autres pays arabes.

M. Pompeo doit s’entretenir avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de l’Iran, d’échanges économiques et de « l’approfondissement » des relations entre Israël et le reste du Moyen-Orient, a indiqué son porte-parole à Washington.

Quels pays pour la normalisation avec Israël ?

Depuis l’accord de normalisation il y a dix jours avec les Emirats arabes unis et Israël, les spéculations vont bon train sur les autres candidats possibles à la normalisation avec l’Etat hébreu : Bahreïn, Oman, voire le Soudan ?

Or après Israël, le chef de la diplomatie américaine se rendra à Khartoum pour discuter de la « transition » dans ce pays qui a tourné la page l’an dernier de trois décennies de l’ère Omar el-Béchir, et de la relation Israël-Soudan. Il se rendra ensuite à Bahreïn et aux Emirats arabes unis, selon son porte-parole.

« Il y a de nombreux pays offrant des possibilités (de paix). Je ne veux pas en nommer aucun en particulier (…) mais nous espérons des développements très, très, rapidement, dans les semaines ou mois à venir », a déclaré l’ambassadeur israélien à Washington Ron Demer à la chaîne Al-Arabiya.

A la faveur de la normalisation, Israël et les Emirats ont dit vouloir multiplier les échanges commerciaux, la vente de pétrole émirati à Israël, et de technologie israélienne aux Emirats, en plus de doper le secteur du tourisme avec à la clé des projets de vols directs entre Tel-Aviv et Dubaï et Abou Dhabi.

M. Netanyahu a dit souhaiter que ces vols traversent l’espace aérien de l’Arabie saoudite. Ryad a exclu tout accord avec Israël avant un règlement de paix entre Israéliens et Palestiniens.

« Changer la trajectoire »

Annoncé en janvier dernier, le plan Trump pour le Moyen-Orient, prévoyait la coopération entre Israël et des pays arabes hostiles à l’Iran, ennemi juré de l’Etat hébreu et l’annexion de pans de la Cisjordanie par Israël.

Les Emirats assurent que l’accord conclu avec l’Etat hébreu prévoit de « mettre fin à toute annexion supplémentaire » de secteurs en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Mais M. Netanyahu a dit que l’annexion était simplement « reportée ». Après l’annonce le 13 août de l’accord entre Israël et Abou Dhabi, la direction palestinienne a dénoncé un « coup de poignard dans le dos », les Emirats ayant normalisé les liens avec l’Etat hébreu sans paix préalable israélo-palestinienne.

Mais la normalisation « permettra de changer la trajectoire de la région d’un passé d’hostilité et de conflits, à un autre d’espoir, de paix et de prospérité », a plaidé l’ambassadeur des Emirats à Washington, Youssef al-Otaïba, dans une lettre en hébreu publiée vendredi en Une du Yediot Aharonot, journal le plus vendu en Israël.

Mais il a aussi prévenu que des « difficultés » pourraient pointer à l’horizon mais sans remettre selon lui en cause la normalisation.