Convention virtuelle réussie, Biden affûté... Les démocrates ont mis la pression sur Trump et les républicains

USA 2020 La convention républicaine démarre lundi, et entre le coronavirus et des changements de dernière minute, le président américain va jouer gros

Philippe Berry
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Joe Biden et Kamala Harris lors de la convention nationale démocrate, le 21 août 2020.
Joe Biden et Kamala Harris lors de la convention nationale démocrate, le 21 août 2020. — Andrew Harnik/AP/SIPA

En anglais, on appelle ça « exceed expectations ». Si tout n’a pas été parfait (comme l’humour de Julia Louis-Dreyfus le dernier soir), les démocrates ont clairement dépassé les attentes cette semaine, avec une convention virtuelle sans accroc majeur, clôturée jeudi soir par un Joe Biden affûté. Reste à voir si leur stratégie – faire de l’élection du 3 novembre un référendum sur Donald Trump, qu’ils ont accusé de menacer la démocratie – s’avérera payante.

« Ils ont fait du très bon boulot », juge l’ancien porte-parole du parti républicain, Doug Heye. Selon lui, les deux heures télévisées en prime time, chaque soir, étaient « dynamiques et bien produites ». Malgré des duplex dans des dizaines d’Etats et un mélange de courtes séquences enregistrées et en direct, il n’y a eu aucun accroc technique et aucune polémique majeure sur le fond.

Joe Biden s’est réveillé

On a beaucoup vu les salons d’Américains par webcam, et c’était volontaire : Michelle et Barack Obama et Kamala Harris ont attaqué la gestion présidentielle de la pandémie qui a fait plus de 170.000 morts aux Etats-Unis. Joe Biden a enfoncé le clou jeudi soir, estimant que Donald Trump « avait failli à sa mission la plus importante : protéger les Américains ».

C’est peut-être la plus grande surprise de ces quatre jours : on a vu le Joe Biden de 2008 et 2012, et pas celui de la primaire démocrate, qui s’emmêlait souvent les crayons et semblait manquer d’énergie. Donald Trump, qui le surnomme « Sleepy Joe » et suggère depuis des mois que le candidat démocrate est au bord de la sénilité, est prévenu.

Les républicains sous pression

Désormais, c’est aux républicains de tenir leur convention, de lundi à jeudi. Et à 48 heures de l’échéance, on ignore encore une bonne partie du programme. C’est parce que Donald Trump a insisté jusqu’à ces dernières semaines pour organiser une grande convention traditionnelle et pas virtuelle.

Quand les autorités sanitaires de Caroline du Nord ont refusé de donner leur feu vert, Donald Trump a d’abord jeté son dévolu sur la Floride. Mais le coronavirus a flambé dans le Sunshine state, qui a dit « thanks, but no thanks ». Du coup, on se dirige vers une convention réduite à Charlotte, avec seulement quelques centaines de délégués au lieu de plusieurs milliers.

Selon le New York Times, Donald Trump pourrait y faire une apparition lundi, puis Melania Trump s’exprimera mardi depuis la Maison Blanche. Mike Pence suivra mercredi, avant un grand discours de Donald Trump jeudi. Le président américain avait évoqué d’accepter l’investiture à Gettysburg, où s’était déroulée la célèbre bataille considérée comme le tournant de la Guerre de Sécession. Finalement, il s’exprimera depuis la Maison Blanche – et les démocrates l’accusent de politiser un lieu sacré. Selon Doug Heye, tous ces changements de dernière minute risquent de se faire ressentir la semaine prochaine. Il ne faut toutefois pas sous-estimer le président américain. S’il y a une chose qu’il sait faire, c’est produire une émission de télévision.