Convention démocrate : « Il n’y a pas de vaccin contre le racisme », lance Kamala Harris en acceptant la nomination

USA 2020 La colistière de Joe Biden a été officiellement investie, mercredi, et a dénoncé « l’incompétence » de Donald Trump

Philippe Berry

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Kamala Harris a accepté l'investiture pour la vice-présidence lors de la convention démocrate, le 19 août 2020.
Kamala Harris a accepté l'investiture pour la vice-présidence lors de la convention démocrate, le 19 août 2020. — Carolyn Kaster/AP/SIPA

« J’accepte votre nomination pour la vice-présidence des Etats-Unis. » Kamala Harris est rentrée dans l’histoire, mercredi. A la convention démocrate, elle est devenue la première femme noire investie à ce poste par un parti majeur. La sénatrice californienne a profité de son discours pour se présenter à l’Amérique, et pour dénoncer « l’incompétence de Donald Trump » qui « coûte des vies » à l’heure de la pandémie de coronavirus.

Selon le Washington Post, Barack Obama devait initialement clôturer la soirée, mais l’ancien président a demandé que les positions soient inversées afin de symboliquement passer la torche à Kamala Harris. D’habitude mesuré, Obama a critiqué son prédécesseur comme jamais un ancien président ne l’avait fait, l’accusant d’être une menace pour la démocratie et de ne « jamais avoir pris au sérieux la responsabilité » de la présidence.

« Femme noire fière de ses origines indiennes »

Sur scène, Kamala Harris, âgée de 55 ans, a raconté comme sa mère, arrivée d’Inde, et son père, venu de Jamaïque, étaient « tombés amoureux » en se mobilisant pour les droits civiques à Oakland. Elle a rendu un hommage ému à sa mère, décédée d’un cancer en 2009, qui l’a élevée pour qu’elle devienne « une femme noire forte, fière de ses origines indiennes ».

Dans un réquisitoire virulent, l’ancienne procureure générale de Californie a dénoncé « l’incompétence » de Donald Trump, dont « l’absence de leadership a coûté des vies », alors que les Etats-Unis ont dépassé la barre des 170.000 morts dus au Covid.

« Je reconnais un prédateur quand j’en vois un »

La colistière de Joe Biden a multiplié les punchlines contre Donald Trump («Je reconnais un prédateur quand j’en vois un », « Il n’y a pas de vaccin contre le racisme »), dénonçant « le chaos permanent et la cruauté » du président américain.

Dans une convention presque exclusivement virtuelle, Kamala Harris a été rejointe sur la scène de Wilmington, dans le Delaware, par son mari Doug Emhoff, un avocat qu’elle a rencontré lors d’une blind date arrangée par une amie, puis par le couple Biden – en respectant la distanciation. Elle a loué « l’empathie » du candidat démocrate et son engagement pour les droits des femmes. Donald Trump, qui a live tweeté la soirée, a ironisé, rappelant le clash entre Harris et Biden lors du premier débat de la primaire démocrate : « N’avait-elle pas dit qu’il était raciste ? N’a-t-elle pas dit qu’il était incompétent ? » Ça va continuer comme ça jusqu’au 3 novembre.